Les Etats-Unis nous font-ils toujours rêver ?

NON…

Ronald Reagan a longtemps été considéré comme l’allégorie du modèle américain : de milieu modeste, il a réussi à s’élever à la tête de son pays en l’espace de quelques années : c’est le principe du rêve américain. Une société où, avec une bonne dose de travail et de la volonté, tu peux arriver à gravir les échelons et te hisser à un niveau de vie décent même si tu n’as pas tant de diplômes que ça, ce qui est presque impossible en France.
De nos jours cependant, on remarque quand même une grande baisse de l’admiration des Français envers le modèle américain (sans vouloir vous abrutir avec des nombres, sachez tout de même que seulement 3 % des Français se disent admiratifs des Américains). Cette tendance est notamment due à une paranoïa et à un certain conformisme qui se sont installés après le 11 Septembre, l’attentat des Tours Jumelles et qui continuent à se renforcer.

Convention d’armes à Houston en 2015 (image libre de droit)

Ce rejet s’appuie également sur une culture véhiculée par le cinéma, notamment par celui de Woody Allen (Manhattan, Café Society) ou encore Michael Moore (Where to Invade Next, Farenheit 9/11). Leurs films, et tout particulièrement ceux de Moore, dénoncent la société américaine et ont une influence énorme en France, bien plus que dans leur propre pays. Les Américains pensent d’ailleurs que Moore exagère beaucoup la réalité. L’image très manichéenne de l’Amérique véhiculée par ses films ne plaît pas trop là-bas.

Si les Américains restent sceptiques quant à une critique de leur société, les Français y ont, eux, été très réceptifs. Et bien que les produits américains restent largement prisés sur le marché français, leur modèle de société ne l’est plus. Ce phénomène est explicable de plusieurs façons : tout d’abord, ce rejet peut être considéré comme une réaction qui se voudrait boycotteuse : la France a longtemps adulé les États Unis, l’utilisant comme miroir. Tandis que les Américains ont plutôt eu tendance à mépriser les Français, ce peuple incapable de défendre son propre pays pendant la Seconde guerre mondiale. Ainsi regardés, les Français, très fiers, ont, pour certains, développés une frustration sans limite les conduisant à l’antiaméricanisme.
Ensuite, et je dirais même surtout, la situation de l’Américain moyen, de nos jours, se détériore. La fin du rêve américain serait-il dû à une désillusion ? C’est grandement possible : les USA ont récemment connu une crise économique sévère qui a fait disparaître de très nombreux emplois traditionnellement occupés par la classe moyenne. Une classe vouée à disparition, avec, à terme une polarisation du marché du travail. Le spectacle d’une telle situation, renforcé par la crise que nous traversons aussi en France, nous rend méfiants et distants : nous ne voulons pas évoluer comme la société américaine où la pauvreté va croissante, où les tensions ethniques s’accentuent, où le lobby des armes à feu reste puissant et où, chacun veut vivre son propre rêve sans se préoccuper de son voisin.

Comme quoi, le règne de la grande puissance s’affaisse peut-être un peu !

Brigitte

OUI…

C’est bien simple, des problèmes aux USA il y en a toujours eu. La ségrégation, plusieurs crises économiques, des assassinats, le water-gate, 11 septembre et j’en passe…

Et pourtant, le rêve lui est toujours resté gravé dans nos mémoires. Pourquoi ? La question peut se poser. Certainement car l’aura que dégage l’Amérique est incroyablement imposante. Il est dans nos assiettes, dans notre salon, dans nos cinémas, dans nos écouteurs et même dans notre vocabulaire. Par choix ou par dépendance d’un monde guidé par la plus grande puissance mondiale. Finalement, ce modèle n’est pas plus décrié qu’avant, c’est juste qu’avec la sur-communication, nous sommes plus vite informés des malheurs de l’Outre-Atlantique, alors qu’ils sont les mêmes depuis 20 ans. Vous allez me dire, Donald Trump, racisme, dopage, corruption…

Et je vous réponds que le problème n’est pas uniquement américain mais mondial. Ce que nous apporte les États-Unis c’est un rêve de liberté, dans un pays où l’on favorise la réussite personnelle et où les exploits sont mis en avant. Alors on a une sensation de croire que tout est possible et cela nous fait bien. Les États-Unis ça fait toujours rêver malgré tout. Alors gardons cela comme modèle et rattachons aux choses qui nous font plaisir : l’élection de Barack Obama en 2008, la culture afro-américaine (l’une des plus riches au monde), Hollywood qui, au milieu de ses blockbusters et autres films à deux neurones, continue de nous faire déplacer au cinéma. Dans notre société actuelle, l’Amérique reste donc un modèle, dans le sens qu’elle est l’archétype parfait d’un monde qu’elle a bâti. Les Etats-Unis combinent le pire et le meilleur mais favorisent toujours la liberté et l’initiative. Avec malheureusement, les inégalité et les problèmes que nous connaissons.

Mickaël

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