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Répression des Ouïghours : on fait le point

Des centaines de personnes vêtues de gilets violets et orange, la tête rasée, les mains liées et les yeux bandés. Tous sont surveillés par des dizaines de policiers. Cette vidéo mise en ligne il y a quelque mois a déjà fait le tour des réseaux sociaux suscitant de nombreuses réactions à l’encontre de ces prisonniers : les Ouïghours. Mais qui sont-ils ? Et comment en est-on arrivé là ? La réponse en 3 points clés.

Qui sont les Ouïghours ?

Ils sont l’une des 56 ethnies qui composent la République populaire de Chine, dominée par les Hans (qui représentent 92% de la population). Il faut savoir que les Ouïghours sont de religion musulmane et installés en Asie centrale depuis plus d’un millénaire. D’abord nomades, ils se sont sédentarisés dans l’espace qui constitue l’actuel Xinjiang (région du Nord-Ouest de la Chine et qui s’étend sur 1,6 millions de km2 ; soit 3 fois la France métropolitaine ; et représente 16% du territoire chinois) et sont environ 11 millions à y vivre actuellement.

« Ethniquement et culturellement, les Ouïghours sont différents des Hans. Ils sont beaucoup plus proches de leurs homologues d’Asie centrale : les populations du Kazakhstan, du Kirghizstan… D’ailleurs les Ouïghours appellent leurs pays le Turkestan oriental […] » -Jean Philippe Béja, sinologue

Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, une république du Turkestan oriental a existé quelques années (entre 1944 et 1949) mais l’Union soviétique a fini par abandonner cette république au moment où les communistes chinois l’ont annexée. A cette époque la population Ouïghour était majoritaire : 98% de la population !
Dans un premier temps (durant les années 50), le pouvoir chinois a tenté de rallier les élites locales à la république populaire. Comme au Tibet où le Parti Communiste s’entendait avec le Dalaï Lama après lui avoir fait la guerre (le pays a été annexe en 1950 et le dalaï lama a été maintenu jusqu’en 1959 avant de fuir). Je vous conseille le film français avec Brad Pitt « Sept ans au Tibet » de Jean-Jacques Annaud sorti en 1987.

Mais revenons-en au sujet. C’est à partir de 1958 (et surtout de la Révolution culturelle de 1966 jusqu’à la mort de Mao Zedong en 1976) qu’une politique d’assimilation beaucoup plus dure a été mise en place envers les minorités. On forçait les Ouighours à manger du porc pour qu’ils abandonnent leur culture traditionnelle par exemple. Après la mort de Mao Zedong, une période d’apaisement commence mais qui sera de courte durée puisque en 1995, une politique de plus en plus répressive se met en place. La « guerre contre la terreur » lancée par les Etats-Unis après le 11 septembre 2001 sonne aussi le début d’une politique chinoise censée lutter contre le djihadisme et le radicalisme musulman mais qui va bien au-delà en s’attaquant à la culture Ouighour !

En quoi consiste la répression ?

La répression dont on parle aujourd’hui suit de près l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping, secrétaire général du PC chinois depuis 2012 et président de la République populaire depuis 2013. Mais la politique d’internement commence véritablement en 2016 quand Chen Quanguo devient le nouveau secrétaire du PC : un rapport de Human Rights Watch publié en 2018 révèle que ce nouveau gouvernement met en place des « camps de rééducation » ou des Ouïghours sont détenus (1 million de personnes selon l’ONG sur un population de 11 millions). Alors officiellement, la Chine lutte contre le terrorisme islamique depuis le début des années 2000 mais cette politique se renforce après les attentats de pékin en 2013, de la gare de Kunming en 2014 et d’Urumqi la même année.
Ces attaques traumatisent la société chinoise. Le gouvernement s’en prend alors aux Ouighours et veulent « faire disparaitre toute forme de contestation qui remettrait en question la souveraineté de l’Etat chinois ». Mais la réponse des autorités va bien au-delà et vise également à éradiquer la culture Ouïghour : on interdit aux jeunes d’aller à la mosquée, on proscrit les prénoms islamiques, on interne les gens qui se laissent pousser la barbe, qui portent un voile, qui ont le Coran chez eux… Les enfants sont enlevés et placés dans des orphelinats où ils sont éduqués selon les traditions du PC chinois. Les parents sont internés dans des « centres de formation professionnelle » selon le gouvernement qui sont en réalité des camps de concentration où les prisonniers sont traités dans des conditions inhumaines.

La réponse des pays en Europe

La prise de conscience de la répression des Ouïghours a pris du temps mais elle commence à faire son chemin, notamment en Europe où le ministre des Affaires étrangères français Jean Yves le Drian a pris la parole le 21 juillet dernier à l’Assemblée nationale :

« Ce qui transparait de l’ensemble des informations que nous avons […] ce sont des camps d’internement pour les Ouïghours, des détentions massives, des disparitions, du travail forcé, la destruction du patrimoine culturel ouïghour […] toutes ces pratiques sont inacceptables. Nous les condamnons avec beaucoup de fermeté ».

La réaction française est très similaire à celle des autres pays européens mais aucune nation n’a encore pris de sanctions contre la Chine contrairement aux Etats-Unis qui ont récemment haussé le ton contre Pékin et ont annoncé placer onze entreprises chinoises sur une liste noire, ce qui limite leur accès à des technologies et produits américains. Une stratégie de durcissement qui n’est pas sans lien avec l’élection présidentielle de début novembre où Donald Trump veut afficher une position de fermeté auprès de ses électeurs envers la Chine.
La défense des Ouïghours est encore un long combat…

 

Swann (illu’ d’Olympe)

Tu fais tourner ?

“ En France, le cannabis est la substance psychoactive la plus consommée après l’alcool, le tabac, la caféine et les médicaments psychotropes” (merci wiki le frérot). La France est aussi le premier pays consommateur de cannabis en Europe. En 2014, environ 50% des jeunes de moins de 17 ans avaient testé le cannabis, avec 1/4 de ces jeunes ayant consommé au cours du dernier mois, et 700 000 consommateurs quotidiens au total.
Une enquête publiée le mois dernier par l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) démontre que si les expérimentations « apparaissent plus tardivement » chez les jeunes, un peu plus de 15 ans, ils sont toujours autant à avoir consommé du cannabis avant leur majorité. Quand certains pays ont décidé de légaliser l’usage récréatif de cette substance, qu’en est-il en France ?

Tout d’abord, le cannabis au final, c’est quoi ? Je me doute qu’à peu près tout le monde connaît el famoso “beuh”, mais d’un point de vue scientifique cela reste assez flou. En effet, il y a deux grandes sous-espèces de la plante : sativa et indica, chacune ayant des effets psychotropes différents. Le cannabis contient plusieurs substances actives, les deux principales (et plus connues) sont le Tétra-hydro-cannabinol (THC), c’est ce qui nous rend high, dépendant, et est donc dit psychoactif ; et le Cannabidiol (CBD), quant à lui, ne rend pas « stone » et ne présente pas d’effets négatifs sur la santé. Les plantes pauvres en THC donnent le “chanvre agricole” exploité pour ses usages industriels divers, tandis que le “chanvre indien”, qui pousse en climat équatorial, est au contraire très riche en résine et exploité surtout pour ses propriétés médicales et les usages récréatifs.
Le CBD aurait des vertus thérapeutiques majeures. Il possèderait des propriétés antalgiques, permettrait de lutter contre l’anxiété et la dépression, calmerait les symptômes de l’épilepsie et de la sclérose en plaques, agirait contre certains troubles psychotiques (comme la schizophrénie), etc… Certaines études laissent même entendre qu’à des concentrations élevées, le CBD jouerait le rôle de ralentir la multiplication des cellules “infectées” issues de certains cancers. En bref, c’est safe quoi.

Concernant leurs statuts juridiques, le THC est bien entendu illégal (son taux est autorisé jusqu’à 0,2% pour certains produits), c’est ce qui fait que le cannabis en lui-même est interdit en France. Pour le CBD, parce qu’il n’est pas vu comme une substance addictive ou toxique, la commercialisation est légale depuis novembre 2017. En fait, la loi est super claire sur la drogue, et aussi hyper répressive. Quelqu’un qui consomme du cannabis sera autant condamné qu’un consommateur d’héroïne même s’il fume chez lui sans troubler l’ordre public, et tout détenteur de plusieurs grammes de cannabis est vu comme un trafiquant, même si c’est sa consommation personnelle.
Pourtant, cette loi n’empêche pas la consommation bien au contraire car, rappelons-le, nous sommes le pays le plus concerné par les fumeurs de joints. Bon du coup, d’un point de vue économique, faudrait-il légaliser le cannabis ?
C’est une question où chacun à ses points de vues mais on sait déjà que le marché de la drogue, depuis qu’il est inclus au PIB du pays, équivaut à 2,7 milliards d’euros, dont 1 milliard pour le cannabis à lui seul. Certains pays comme le Canada ont jugés plus rentable de légaliser plutôt que d’interdire le cannabis. Car en effet, selon certains spécialistes (les fameux “selon une étude”), la légalisation serait plus rentable économiquement, et plus efficace pour lutter contre le trafic et diminuer la consommation.

La vente d’un cannabis légal et de bonne qualité, à un prix comparable à celui des dealers augmenterait légèrement le nombre de fumeurs, mais permettrait de démanteler le marché criminel. Et une fois cela fait, l’Etat pourrait augmenter progressivement les taxes, et donc le prix du cannabis. Cette hausse, associée à une meilleure campagne de prévention ainsi que des accompagnements financés notamment par ces taxes, pourrait permettre la diminution de la consommation du cannabis sur le long terme.

De plus, la répression coûte cher aux services de police (autour de 400 millions d’euros par an), engorge les tribunaux, et alimente les trafics de drogues, ou organisations criminelles, alors que tout pourrait être géré par l’Etat. Une autre solution serait la dépénalisation, ce qui réduirait largement les coûts de la répression et permettrait d’orchestrer une meilleure prévention.
D’autant que le cannabis ne se consomme pas qu’en fumette, cela existe aussi en nourriture, huiles, tisanes, médicaments… cela vaut autant pour le THC que le CBD. Il y a donc possibilité de réduire le nombre de fumeurs.

Cependant, le cannabis, malgré l’impossibilité d’en mourir par overdose, reste dangereux. Au volant, l’usage de cannabis augmente sans conteste le risque d’accident, car il trouble entre autre le temps de réaction, la perception de la réalité et la vue. Les usagers sont aussi bien plus exposés au risque de développer un cancer, surtout quand le bédo est fourni aussi en tabac, dont les risques sont déjà bien connus !

Maladies respiratoires, perte de QI, risques cardiaques (hausse du risque d’AVC par exemple), addiction, développement accéléré de psychoses (schizophrénie, anxiété, bipolarité,…), conséquences sur l’attention, la mémoire, le système immunitaire… On ne compte même plus tous ses dangers, il faut donc malgré tout rester vigilant.

Néanmoins, La France n’est pas non plus complètement fermée à une légalisation car une expérimentation du cannabis médical va débuter normalement dans ce premier semestre 2020.
Environ 3.000 patients devraient participer à cet essai de deux ans auquel l’Assemblée nationale a donné son feu vert fin octobre. Ces patients sont atteints de graves maladies qui sont soignées dans d’autres pays par le chanvre.

Une mise en vigueur définitive sera décidée après ce test, le chemin vers une légalisation partielle avance, mais pour une totale c’est encore un peu lointain, et utopique pour les ganjas français.

Claire (illu. d’Anaëlle)

Où sont les femmes ?

Nous crions à l’injustice ! Les scientifiques reconnus sont la plupart du temps des hommes ! Il n’y a rien qui vous choque ? Non ? Le fait est, ce sont uniquement des hommes. Je veux bien croire que la science fut pendant longtemps et même très longtemps (trop longtemps) un domaine exclusivement masculin. Mais, je refuse de croire qu‘en 2500 ans de recherche, il n’y ait que Marie Curie qui marque nos esprits en tant que femme chercheuse/scientifique.

Nous vous proposons donc un panel exclusivement féminin qui vous permet d’apprendre à connaître des femmes qui ont changé l’Histoire.

Premièrement, Rosalind Franklin. Cette Anglaise a tout simplement révolutionné le monde de la génétique ! La molécule en double hélice qui détient l’information génétique c’est ?…Bah oui l’ADN ! En 1951, elle travaillait dans le labo de John Randall sauf que le coco il est plutôt misogyne ++. Puis un jour, Rosie, elle a l’idée de projeter les ondes de rayon X sur des cellules du vivant.

Grâce à ces expériences, elle arrive à différencier une forme A et B de l’ADN. C’est pas un petit détail mais elle quitte le laboratoire où les tensions étaient trop importantes pour elle. Figurez vous que quelques temps plus tard, non pas un mais bien deux prix Nobel ont été accordés pour cette découverte…. à des hommes ! James Watson et Francis Crick, deux collègues de Rosalind se sont vus honorés d’une des plus grandes récompense dans le domaine de la recherche. Les deux bonhommes n’ont jamais reconnu avoir usurpé le travail de la scientifique à son insu.

Pour la remercier de son aide à la communauté scientifique, on a choisi de nommer le prochain robot martien comme elle ! L’hommage aurait été trop grand d’appeler une rue à son nom puisqu’après tout ce n’était qu’une femme, n’est-ce pas?

Cecilia Payne est encore une femme dont la découverte est souvent oubliée. Tout d’abord, sachez qu’elle est la première femme à avoir été autorisée à exercer son métier de professeur à temps plein à Harvard.

Dans le même registre, elle est aussi la première femme chef de département dans l’université de renom. Autrement, elle découvre que les étoiles sont constituées de gaz et sont donc des entités différentes de la planète Terre contrairement à ce que pensait le reste du monde à cette époque.

Ada Lovelace naît en 1815 à Londres. C’est son père, Lord Byron, qui fit en sorte que la jeune fille ait une éducation approfondie en mathématiques et en sciences, fait particulièrement rare au début du 19e siècle qui mérite d’être souligné. À 17 ans, elle rencontre Charles Babbage, inventeur de la machine à calculer.

Après s’être mariée et avoir donné naissance à 3 enfants (la vie de famille avant tout), elle retrouve son premier amour, les mathématiques. Elle traduit d’abord un mémoire sur la machine analytique de Babbage avant d’étoffer l’article en ajoutant des notes faisant plus de trois fois le texte original. Dans la dernière note, elle écrit le premier algorithme, servant à calculer les nombres de Bernoulli, souvent considéré comme le premier véritable programme informatique au monde car il est écrit dans un langage destiné à être exécuté sur une machine.

De plus, ce programme comporte la première boucle conditionnelle. Plus tard, Ada Lovelace décrit dans une note la possibilité pour “la machine” d’aller au-delà des mathématiques et d‘être appliquée aux sciences et même à la musique. Elle meurt en 1852 à l’âge de 36 ans et le monde ne se souviendra que de Charles Babbage.

Il fallut attendre les années 1930 et Alan Turing pour que ses rêves deviennent réels.

Lise Meitner est une physicienne autrichienne née en 1878. Elle intègre après son doctorat l’Université de Berlin à titre exceptionnel, l’université allemande n’étant pas encore ouverte aux  femmes. En 1923, elle découvre la transition non-radiative. Cette transition est aujourd’hui connue sous le nom d’effet Auger, en l’honneur de Pierre Auger, un scientifique français qui fit cette découverte… deux ans plus tard ! Et ce n’est pas tout !

Elle découvre avec son associé, Otto Hahn la fission nucléaire (rien que ça !). Cependant à cause du contexte politique (montée au pouvoir du régime Nazi tandis que Meitner est juive) et surtout de son genre, la découverte est attribuée à Hahn et son assistant Strassmann. Otto Hahn reçoit même en 1944 le prix Nobel de chimie.

Elle finit tout de même par avoir la reconnaissance méritée pour son travail et reçoit de nombreux prix, dont, comble de l’absurde, le prix Otto Hahn !

La communauté scientifique a encore du mal à reconnaître pleinement les erreurs passées à l’égard de la gente féminine. Beaucoup trop de femmes se voient oubliées par la société scientifique. Ce phénomène lui même théorisée par une femme (évidemment) s’appelle l’effet Matilda en référence à Matilda Joslyn Gage, une militante féministe. On parle dans notre article de quatre femmes mais la science prolifère de cas similaires.

De plus, ce phénomène existe certainement toujours, et l’on ne s’en rendra compte que dans des décennies quand d’autres jeunes journalistes en herbes publieront un article sur les femmes oubliées dans la science !

Lénaïg et Apolline (illu. d’olympe)

Elle est pas bonne la blanquette ?

Comment peut-on pleurer les koalas australiens en mangeant un bon gros steak ? Comment peut-on dire qu’on aime les animaux en préparant un boeuf bourguignon et en grignotant du saucisson ? Cela s’appelle le spécisme et la dissonance cognitive. Un autre exemple ? Je connais un couple qui avait des chiens de chasse, rien d’étrange à la campagne. Les chiens vivaient dans un chenil nuit et jour, été comme hiver. Pauvres chiens me direz vous , mais ce n’est pas tout ! Ils avaient un autre chien, un caniche, non pas un chien de “travail” mais un chien de compagnie qui, lui, vivait dans la maison avec ses maîtres. Étonnant, n’est-ce pas ?

Eh bien l’espèce humaine fait la même chose à plus grande échelle. Carotte, le lapin que vous avez eu pour vous 10 ans, vous avez les larmes aux yeux rien qu’à l’idée de le manger. Par contre le délicieux lapin à la moutarde de vos grands-parents, vous vous en réservez volontiers ! Un dernier exemple pour la route ? Vous avez refusé de manger une blanquette de veau (pauvre bébé animal) mais avez accepté avec grand plaisir des côtes de boeuf.

Tous ces exemples montrent bien le spécisme omniprésent. Le spécisme définit la prétendue supériorité de certains animaux sur d’autres : l’espèce humaine sur les autres animaux, les chiens et chats sur les vaches, etc. Pourtant le spécisme n’est pas partout identique. Au Pérou, manger du cochon d’inde n’étonne et ne choque personne (mis à part les étrangers évidemment !) tandis qu’en Inde, selon les communautés,

manger de la vache n’est pas toléré. Ainsi, le spécisme est présent partout mais différent selon les cultures, ce qui veut dire, attention bonne nouvelle, que cela peut changer ! Mais cela ne se fera pas du jour au lendemain, changer les mentalités prend du temps.
L’autre raison pour laquelle ça prendra du temps de changer les mœurs est la dissonance cognitive.

Cela nous empêche inconsciemment mais volontairement de faire le lien entre la vache qui broute dans un champ et un steak haché ou bien entre les vidéos d’abattoirs et la viande présente dans son assiette. On est bien évidemment conscient de ce lien mais on agit comme si on ne le connaissait pas.

Ainsi changer le monde prend du temps, surtout lorsque l’on montre que plus d’un milliard d’animaux sont morts en Australie sans montrer les 70 à 140 milliards d’animaux qu’on tue chaque année pour se nourrir. Mais le monde change pour le mieux, l’antispécisme et le véganisme s’emparent du débat publique et nous faisons de plus en plus attention à notre consommation d’animaux.

À dans 100 ans, pour voir comment le monde aura changé !

Figue

(image libre de droit sur pixabay.com)

 

London, a global city ?

Globalisation encourages the process of metropolisation. Metropolisation means the concentration of the most qualified population and activities in the largest cities. Nowadays, people are more and more connected thanks to globalization. They exchange knowledge, trade with each other, work together in order to create tomorrow’s world. These exchanges are carried out in a few cities commonly called “global cities”. Saskia Sassen who invented the concept of a “global cities” defines it as, in short, “an important point of financial and particular services production that is necessary for the future”. In order to understand better the concept of global cities and what defines such cities, we will study the case of the first global city in the world : London.

An attractive and lively city

The city was created in the Antiquity so it contains a considerable history that tourists can delight for exemple, in architecture they can admire the St Paul’s Cathedral, built after the huge 1666 fire and located in the historic heart of the City.
Visitors can also discover the London history by visiting the 240 museums and galleries as the British Museum, the Natural History museum, the National Gallery or the Tate Britain. Almost all of them are free and give a full and easy access to culture. London was, according to CNN the third most visited city in the world in 2018, with almost 20M visitors per year. Indeed, the home of Big Ben is flourishing from iconic monuments, known places, typical food, music, ect… Its musical repertory is vast, the city inspired many singers and musicians like the Sex Pistols or The Clash.

A global hub

However, in order to welcome all the people that are willing to visit London, the city must be really accessible. We could think that because of its geographic situation (england is an island) the accessibility is not so good. Well, the Frog possess five international airports : Gatwick, Luton, London City Airport, Stansted and Heathrow.
In total, over 100.000 flights transit by those airports per month. Furthermore, the city is near the sea which allows the travellers, mostly european, to take the boat or the Chunnel and then ride downtown with the train or the underground, which is the most used way of travelling in the city.
Indeed, underground is commonly used by London’s 8.5M inhabitants that are travelling every day from their home to their work.
Connectivity is not only material but also virtual with the high dynamic of press.The decisions taken in London have to be communicated, that’s why several press agencies, television networks or internet sites are based in London. This Londonien press is famous for its quality and has an huge power on english people who needs the informations it gives to understand their country’s situation at every moment. It also provide to the world the english news.

An economic powerhouse

Rich people from emerging countries come in London, attracted by international financial platform and manages to fare well. London has developed commercial links with the rest of the world, in particular with the Commonwealth (of which it is the capital). It brings together 54 of the former colonies of the British Empire (a market of 2 billion inhabitants) and thanks to that, London maintains intense and privileged commercial relations. It is the heart of the UK’s economy and the most important financial sector in terms of industries. The “City”, London’s business district, houses numerous firms and banks headquarters such as the international bank group HSBC or the Barclays’ bank, located in the business district of Canary Wharf (docklands).These are mainly located in the Central Business District (CBD), which is divided in two parts, the former quarter (the City) and the more recent quarter (the new CBD). This new CBD has been built since there were not enough space in the former one. These CBD are also turning places of the world’s economy as London’s Stock Exchange is one of the most influential stock exchange in the world.
The City district employs more than 300,000 people, including 57,000 in international banking activities (it makes the rest of London the banking capital of the world with 539 banks on its territory) .

A multicultural population

Since the United Kingdom is a former colonialist country, London carries that legacy. Out of a total of 8,5 million, half of the population has a foreign origin.
London is the most cosmopolitan city of Europe: it’s a city that attracts strangers and migrants from the entire world. It’s an opportunity for them to find a work, a formation or an asylum. It is one of the major arrival spot of migrants coming in Europe.
London is composed of people from different origins : 60 % of Britains,12 % of Indians, 11 % of Africans and Antilleans, 8 % of Europeans, 2 % of Chineses and 7 % of the others.
37 percent of London’s inhabitants were born outside the UK. This rate of foreigners living in the same city is this highest in the world.

A decision center

Considerable decisions are taken there,in particular for europa. London houses all the principal british power places : the Queen’s Palace, Buckingham ; the British Parliament, Westminster and the government district around the emblematic Prime Minister’s residence at the 10, Downing Street.
London also hosts several embassies, consulates, international conferences, political meetings etc.

A city of excellence

The city is turned to the future. Higher education is a an important element of London’s dynamic. For instance, many of London’s universities are known all over the world in some sectors of activities such as social sciences (The London School of Economics and Political Science), natural sciences (Imperial College London), business (London Business School) or engineering (Imperial College London),without forgetting of course Oxford and Cambridge universities that are internationally renowned. London also has more than 100,000 overseas students. A lot of Academics and students from everywhere come in London to do research, teach and study. Those exchanges allow London to create a global network in terms of education and researches with the rest of the world.
Because of its knowledge pool, London is a place where peoples lead several innovatives projects in many discipline. It welcomes almost 4.400 world class researchers and many research centers.
We can quote for example two projects lead in the sector of environment: an eco-quarter has been created in 2002 and the famous st Mary building which has a shape studied in order to use the wind in its ventilation system. London offers significant competitive advantage in science, technology or design…

A city that faces problems

Traffic jams and permanent parking problems, water treatment, pollution, difficult waste management, exorbitant rents, Londoners pay dearly for the attractiveness of their city.
London has been the target of terrorists organizations. Sunday 2nd February 2020, the city underwent a new terrorist attack where three people were wounded.
Immigration created multiple communities that remains apart from each others. It causes tensions between them, insecurity and people are isolating themself from the city life. These tensions manifested themself for instance during the 2005 islamist attack or during the hangers between radical muslims and far-right activist.
The rate of people coming to live in London is also constantly increasing which is also a titanic challenge for the city: How to welcome all of those people? To get them jobs? To house them ? The rich peoples are only a small part of the population, fact that increases the inequalities and between richs (elite of professionals and specialists) and poors (the population of service industrial work).

The rehabilitation of certain sites by the town hall in the east of the metropolis benefits only rarely to the poor populations who live there. Poor people can no longer afford to live in London and must move elsewhere.
Unemployment is on the rise, and it is mainly caused by delocalisation.
Furthermore, London must consider the ecological question since it has a central role to play in climate change. Indeed it is clear that London has its responsibilities in it : it consumes a lot of energy and rejects greenhouse gas.
The city will develop expansions for parks, trees and wildlife in order to create a greener city that will keep the air quality level good. Londoners have also access to green technologies like outlets to charge electric vehicles. London is also part of the C40 Climate change group where 40 cities are partnering to reduce carbon emissions and increase energy efficiency in large cities all world round.

To conclude London is a global city because it is a place where culture, power and innovation goes together. This status makes it being a very important meeting point where big decisions are taken in every possible sector of activities. However, its global aspect also brings struggles and London has to face inequalities, violence, terrorism and climate change which can threaten its influence. Brexit may also determined its future as the first global city since exchanges with Europe will be perturbed and therefore a part of its economy.
This definition of a global city fits with every global city in the world like New-York, Hong Kong or Paris.

Les élèves de terminale Euro

(Londres : images libres de droit sur pixabay.fr)

Trump se sauve !

Dès le début du mandat de Donald Trump, en 2017, ses opposants, des démocrates, font valoir qu’il se serait livré à des activités passibles de destitution (« impeachment »), notamment à la suite de l’affaire du Russiagate mais il faut attendre 2019 pour que Nancy Pelosi, présidente de la chambre des représentants, lance la procédure de destitution. Le président est accusé d’abus de pouvoir et d’entrave au bon fonctionnement du Congrès.

Résumons les faits : après avoir débloqué des aides financières pour l’Ukraine, Trump aurait demandé, de mai à août 2019, au président ukrainien d’enquêter sur une affaire concernant Joe Biden, candidat présenté comme l’un des favoris à la primaire démocrate pour les présidentielle de 2020. Joe Biden avait fait en sorte que le procureur qui enquêtait sur l’entreprise de son propre fils soit… viré !
Donald Trump a donc cherché à ouvrir une enquête sur son principal rival lors des présidentielles en payant ( « les aides ») un gouvernement étranger, ici l’Ukraine.
Précisons aussi qu’on ne parlera pas ici du rôle de l’avocat du président qui cherchait, en accusant Joe Biden de corruption, à effacer tout soupçon d’ingérence russe dans l’élection de 2016 (Selon certaines sources, les Russes auraient aidé Trump à se faire élire mais rien n’ a été prouvé et on a parlé d’une théorie du complot.)

Mais revenons à cette procédure de destitution : des auditions ont donc été effectuées par la Chambre des représentants. Ce sont des diplomates, des militaires et des lanceurs d’alertes de la CIA qui ont notamment témoigné et qui ont pour la plupart affirmer ces accusations. La Chambre des représentants a ensuite transmis les deux chefs d’accusations au Sénat pour l’ouverture d’un procès, qui n’aboutira pas à la destitution de Donald Trump car le Sénat, à majorité républicaine, c’est-à-dire du même parti que le président, a décidé de l’innocenter. Ainsi, le 5 février dernier, Donald Trump est acquitté du chef d’accusation d’abus de pouvoir par le Sénat à 52 voix contre 48. Lors de la même séance, il est également acquitté du second chef d’accusation (obstruction au Congrès) par 53 voix contre 47.

Les Démocrates qui ont lancé cette procédure savaient qu’elle ne passerait pas la « barre » du sénat tout dévoué à Donald Trump. Pourquoi l’ont-ils donc lancée ?

Peut-être pour affaiblir le président actuel qui a déjà annoncé qu’il se présenterait à sa propre succession. Lors des primaires républicaines, il s’est présenté face à Bill Weld et Joe Walsh et il les a remportées sans difficulté, récoltant 97 % des suffrages exprimés. Face à lui, le candidat démocrate n’est pas encore choisi et la bataille fait rage.

Les élections présidentielles américaines se dérouleront en novembre prochain, on n’a pas fini d’en parler !

Cécilien

(image libre de droit sur pixabay.com)

She was on fire

10,3 millions

C’est le nombre d’hectares ravagés par les flammes. Autrement dit, c’est comme si l’Islande avait disparu sous les flammes ! Et à titre de comparaison, l’Amazonie a perdu l’équivalent de 2,5 millions d’hectares durant les incendies de 2018 soit 5 fois moins que l’Australie. Je vous laisse imaginer la catastrophe que cela représente…

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C’est le nombre de personnes décédées mais le chiffre est incertain. En effet, des dizaines d’autres sont portés disparus. Il s’agit principalement d’habitants surpris par les flammes mais on compte plusieurs pompiers morts dans l’exercice de leur fonction.

100 000

C’est le nombre de personnes évacuées. Il y a quelque mois, l’état d’urgence avait été décrété dans le Sud de l’Australie, le coin le plus peuplé de l’île-continent, et les autorités avaient ordonné le déplacement de plus de cent mille personnes laissant derrière elles leurs habitations et des villes fantômes.

370 millions

C’est le nombre de tonnes de CO2 dégagés dans l’air à cause des immenses nuages de feux qui ont fait monter les fumées à une hauteur inhabituelle dans l’atmosphère. Soit, peu ou prou, ce que la France émet en une année (avec 445 millions de tonnes rejetées) ! Un chiffre faramineux qui devrait faire doubler les émissions annuelles de CO2 de l’Australie. Et c’est principalement ce qui inquiète les scientifiques. Car les gigantesques nuages de fumée dégagés par les flammes ont abîmé non seulement la couche d’ozone mais ont également provoqué une pollution de l’air sans précèdent dans le pays. Le 1er janvier de cette année, Canberra affichait les taux de pollution les plus élevés du monde devant New Delhi !

1 milliard

Il reste de cet « été noir » un chiffre désolant et désastreux : selon une étude de WWF menée conjointement avec des scientifiques australiens, plus d’un milliard d’animaux auraient trouvé la mort (certains dans les flammes, d’autres à cause de la destruction de leur habitat et de la raréfaction de l’eau) ! Un véritable cataclysme pour un pays qui compte une grande proportion d’espèces endémiques (c’est-à-dire unique à l’île-continent). Mais quand on pense aux animaux décimés par les flammes en Australie, on pense koala, ces petits marsupiaux qui sont devenus les symboles de ces incendies. Ils étaient certes les plus menacés mais ils ne sont pas les seuls animaux à avoir perdu leurs habitats et même leurs vies. Pensons-y !

Cette liste est bien sûr non-exhaustive car il y a de nombreux autres chiffres qui montrent l’étendue des dégâts causés par les feux en Australie, notamment le bilan économique qui devrait être lourd (plus de 2,7 milliards d’euros de perte ainsi qu’un tourisme et une agriculture fortement impactés).

Maintenant reste à savoir quelles sont les causes de ces incendies ?

Les températures élevées et les conditions météorologiques ont certainement favorisé la sécheresse qui a provoqué de grands feux, mais le réchauffement climatique (d’origine anthropique) est cité comme unique cause du désastre. Même si de nombreux chercheurs ont prouvé que les causes d’évolution des climats sont multifactorielles, il est indéniable que l’humain y a contribué de manière significative.

Swann (illu. de Céleste et image libre de droit sur pixabay.com)

Parlement britannique : what a story !

Depuis le référendum du 23 juin 2016, annonçant (à 51,9%) le retrait du Royaume-Uni de l’Union Européenne, l’Angleterre a traversé (et traverse encore) une grave crise politique. En effet, depuis plusieurs mois, les tourments de ce « Brexit » placent le parlement britannique au cœur de l’attention des Européens. Et pour cause, les médias et les réseaux sociaux nous diffusent l’ambiance tendue qui règne dans le parlement : les déclarations de Boris Johnson devant la chambre des Communes, les cinglantes réponses de Jeremy Corbyn (chef du parti travailliste) ou encore les mémorables « Ordeeer » du speaker John Bercow…. Dans la dernière Gazette est paru un article très intéressant traitant du problème actuel et je vous recommande de le lire. Remontons aujourd’hui le temps pour revenir au Moyen- Age ! Eh oui à l’époque déjà, le parlement anglais était l’enceinte de débats houleux. Let’s go !

L’équilibre des pouvoirs… au Moyen-Age 

Tout d’abord, savez-vous comment est né le Parlement ? Nous sommes au XIIIème siècle et l’Angleterre est dirigée par l’impopulaire Jean sans Terre (fils de la célébrissime Aliénor d’Aquitaine et frère du renommé Richard Cœur de Lion). Vous le connaissez tous indirectement : c’est le Prince Jean dans Robin des Bois ! Or, dans les années 1210, ce prince Jean est dans une situation plutôt délicate. En effet, les terres de sa famille en Normandie et en Anjou (en effet, avant d’être reine d’Angleterre sa mère avait été reine de France et à l’époque, la Normandie et l’Anjou étaient des fiefs du roi d’Angleterre) venaient d’être confisquées par le roi de France, Philippe Auguste.

Dans ses efforts pour les reprendre, Jean sans Terre (on l’appelle ainsi car il n’a reçu aucune terre en apanage à sa naissance contrairement à ses autres frères) a levé des taxes importantes avant de subir deux sévères défaites faces aux troupes du roi de France à la Roche-aux-Moines (le 2 juillet 1214) et à Bouvines (27 juillet 1214).

La noblesse de l’Angleterre gronde, et en mai 1215, des barons rebelles (menés par Robert Fitzwalter), s’emparent de Londres et contraignent le roi à leur accorder un certain nombre de libertés. C’est alors que nait la ‘’ Magna Carta ‘’ ou Grande Charte.

Mais qu’est-ce donc ? Et quel changement apporte-t-elle ?

Eh bien, cette Magna Carta encadre considérablement l’action du monarque, soumis à une loi supérieure qu’il ne peut transgresser : elle impose, par exemple, le principe d’universalité de la justice, la liberté de déplacement pour les marchands ou encore le droit pour chacun de quitter l’Angleterre sans autorisation du roi. Mais surtout, les décisions de ce dernier doivent désormais être entérinées par un conseil de vingt-cinq nobles et toute levée d’impôts doit être consentie par une assemblée représentative : les bases du parlementarisme anglais sont nées.

Sachez aussi que cette Charte s’appuie sur des modèles beaucoup plus anciens : elle est le fruit d’une époque où l’entente avec les grands aristocrates était une pratique incontournable. D’ailleurs, Jean sans Terre va au départ profiter du départ des barons pour abolir immédiatement la ‘’ Magna Carta ‘’ que l’on vient de lui extorquer (ce qui comme vous vous en doutez n’est pas pour leur plaire et entrainera une guerre civile que l’on appellera la guerre des Barons. Mais ceci est une autre histoire…) Ce n’est qu’en 1225, après plusieurs péripéties, que le roi Henry III en ratifie une version réduite de moitié (et bien plus acceptable pour la royauté !). Et il faut attendre le règne d’Edouard Ier, à la fin du XIIIème siècle pour que le parlement s’impose définitivement comme une force qui compte dans le paysage politique anglais.

C’est un bel exemple de l’équilibre des pouvoirs au Moyen-Age : le roi ne peut pas faire ce qu’il veut sans le soutien du Parlement.

Un parlement que beaucoup disaient… bon

Voyons maintenant comment le rôle du Parlement s’est fixé et institué progressivement : dès la fin du XIIIème siècle, il siège au Palais de Westminster et se divise en deux chambres : celle des Lords (l’équivalent des seigneurs en France) qui représente le clergé et la haute noblesse, et celle des Commons, où se réunissent les délégués de la bourgeoisie et de la basse noblesse chevaleresque. Le Parlement de 1376 (sous Edouard III) surnommé par ses contemporains « the good parliament » a participé à ce renforcement des institutions parlementaires.

Mais, le contexte politique de 1376 est très compliqué : le roi Edouard III est en guerre contre les Français (c’est la guerre de Cent Ans débutée en 1337 à cause d’un problème de succession et qui ne se terminera qu’en 1453 après… 116 ans de guerre !), et a besoin d’argent. Passés les grandes victoires du début de la guerre de Cent Ans (bataille navale de L’Ecluse le 24 juin 1340 où les Anglais détruisent la flotte franco-génoise qui faisait le blocus de Bruges, bataille de Crécy le 26 août 1346 ou encore la célèbre bataille de Poitiers en septembre 1356 où le roi de France, Jean le Bon ,fut capturé), l’armée anglaise enchaine alors les défaites face aux troupes de Charles V (avec leur défaite à la Rochelle le 22 juin 1372), ce qui rend la pression fiscale difficilement acceptable pour le contribuable anglais (le roi avait levé de nouvelles taxes).

Mais, lorsque le roi Edouard, soutenu par le parti du duc de Lancastre à la chambre des Lords demande la mise en place d’un nouvel impôt, la tension monte d’un cran.

Il faut comprendre, que ce « good parliament » de 1376 est exceptionnel : tout d’abord, cette session est particulièrement longue (à une époque où le parlement ne siège pas en permanence, près de cinq mois s’écoulent entre sa convocation par Edouard III en février et à la fin des délibérations en juillet).

Ensuite, les actions de la chambre des Communes vont créer des précédents qui imprègnent encore aujourd’hui le droit constitutionnel anglo-saxon (pour la première fois, les représentants des Communes désignent un des leurs, le chevalier Peter de la Mare, pour parler au nom de tous devant le roi et les Lords : c’est ainsi qu’apparait le ‘’ speaker ‘’ ! Autre nouveauté, le chambellan William Latimer est écarté du pouvoir (on l’accuse de se servir dans le trésor royal) par une procédure d’impeachment. Mais, Latimer est bien vite gracié et un nouveau ‘’ speaker ‘’ plus favorable aux impopulaires mesures de l’année précédente est élu.

Ce qu’il faut retenir, c’est que les événements de 1376 sont liés à un contexte de crise du pouvoir politique et que ce sont (à court terme), des échecs. Pour l’Angleterre, ces expériences politiques contribuent ainsi à nourrir une réflexion tout à fait nouvelle sur le pouvoir et son exercice.

Au final, place au débat…

Les Communes sont donc un lieu de débat ouvert où chaque membre doit pouvoir exprimer librement son opinion. Comme ils servent le bien commun, les délégués sont encouragés à dire très franchement ce qu’ils pensent (ce qui donnera lieu en 1404 à une violente altercation entre le speaker Arnold Savage et le roi Henry IV…) Les délibérations se caractérisent donc par une recherche très médiévale du consensus. On est donc très loin des  » gauches irréconciliables » ou des partis qui n’arrivent pas à se mettre d’accord.

Bien loin aussi des parlementaires qui sacrifient (au profit de quelques querelles politiques) l’avis des citoyens qu’ils représentent.

Voilà, j’espère ne pas vous avoir trop perdus dans ce retour en arrière et vous avoir éclairés sur toute cette histoire !

Swann (illustration d’Olympe)

Opération Nobel

Chaque année, et ce depuis 1901, sont décernés les prix Nobel qui récompensent des hommes et des femmes qui oeuvrent pour le progrès.

Commençons par un peu d’histoire

Alfred Nobel est un chimiste et ingénieur suédois, qui fut aussi à l’ origine d’une entreprise d’armement ( personne n’est parfait…). Né dans une famille d’inventeurs tous plus fous les uns que les autres ( son père inventa le contre-plaqué), il fit des études de chimie aux USA et en France. Il inventa la dynamite après des années de recherches et décida de léguer sa fortune à la fondation du Prix Nobel, qui sera remis chaque année aux personnes ayant apporté leurs pierres à l’édifice et rendu services à l’humanité toute entière ( rien que ça…) dans plusieurs domaines (paix, littérature, chimie, physiologie ou médecine et physique).

Cette année les heureux élus qui se verront décerner le prix Nobel le 10 décembre prochain (date d’anniversaire de la mort du monsieur) ont été nommés courant octobre.

Le prix Nobel de physique a été décerné à 3 astrophysiciens pour la découverte de la première exoplanète ( un peu comme la terre… mais plus loin). Depuis celle-ci, aperçue en 1995, plus de 4000 ont été répertoriées. Une exoplanète est une planète extérieur au système solaire qui se trouve dans la zone d’habitabilité ( distance à l’étoile suffisante pour que la planète abrite de l’eau liquide). On peut donc espérer y trouver un potentiel nouvel habitat pour l’humanité ou même des formes de vie extraterrestre.

C’est encore 3 chercheurs qui ont reçu le prix Nobel de chimie pour leur recherche ( et même amélioration ) de la batterie au lithium ( dans les téléphones où les piles par exemple). Voici un résumé ( et une simplification) du fonctionnement de la batterie lithium : des réactions chimiques vont contraindre les ions lithium à se déplacer de la borne composée de graphite vers la borne composée de dioxyde de cobalt ; ça, c’est pour la phase de décharge, lors de la charge… C’est l inverse.

Ces 3 chercheurs ont donc, depuis les années 70, amélioré cette réaction chimique, en utilisant d’autres métaux comme du manganèse ou encore en liant le lithium avec du phosphore et du fluor, afin d’augmenter le rendement et la durée de la batterie au lithium.

Pour ceux qui sont toujours là, on va passer au prix Nobel de physiologie ou médecine.

3 chercheurs, ( quel manque d’originalité !… non en fait c est parce que généralement les recherches ne sont pas menées par une seule personne, mais par toute une équipe de chercheurs, donc on le décerne aux personnes ayant dirigé les recherches.) donc ces chercheurs ont travaillé sur l’oxygénation des cellules. C’est à dire comment les cellules réagissent en fonction du taux d’oxygène dans leur milieu.

Et maintenant place à la littérature !

Deux lauréats ont été nommés cette année car le prix de 2018 avait été reporté à cette année après des accusations de corruption envers Katarina Frostenson ( une membre de l’Académie suédoise) et d’aggressions sexuelles envers son époux Jean-Claude Arnault. Mais qu’est-ce que cette affaire a à voir avec le prix Nobel de littérature, me direz-vous ?! Eh bien c’est cette même académie suédoise ( salie par cette affaire) qui décerne le prix. Bref !

La lauréate 2018 est Olga Tokarczuk, une écrivaine polonaise qui a tendance à critiquer le gouvernement polonais ( qui se trouve être d’extrême droite). Celui de 2019 est un autrichien, Peter Handke, un auteur hyper connu dans la littérature germanophone ( plus d’une quarantaine d’oeuvres publiées).

Anti-interventionniste, il est critiqué par certains pour ses positions sur la guerre de Yougoslavie.

Nous voilà arrivés au dernier, le plus attendu, le plus prestigieux, le célèbre prix Nobel de la paix !

C’est, à la grande surprise générale, le Premier ministre éthiopien qui s’est vu récompensé cette année. Donc pas de Donald Trump ni de Greta Thunberg mais un homme qui essaye d’enrayer les conflits entre l’Érythrée et l’Éthiopie et qui a engagé un processus de paix avec son homologue érythréen. Décerner le prix a Abiy Ahmed permet aussi de mettre en lumière le conflit trop peu évoqué par les médias français ( voir européens).

D’aucuns diront que certaines disciplines sont absentes des prix Nobel telles que les mathématiques, les sciences du numériques ou les sciences sociales. Mais la plupart d’entre elles ont l’équivalent d’un prix Nobel ( médaille Fields, prix Turing). Ces prix favorisent aussi beaucoup les pays européens qui ont reçu 561 prix, contre 115 pour l Asie avec la Russie et l Océanie, 431 pour l’Amérique, dont 383 pour les USA et seulement 25 pour l’Afrique…

Les femmes sont largement sous représentées ( 40 prix contre 766 pour les hommes).

Malgré leurs défauts les prix nobel mettent en lumière les travaux de personnes qui aident et qui aideront à faire avancer la recherche, la science, l’art et la paix à l’échelle mondiale.

Cécilien

(images libres de droit sur pixabay.com)

La non-rétrospective de l’année 2019

Bonjour et bienvenue dans la non-rétrospective de l’année 2019. Contrairement à nos confrères journalistes qui se fendent chaque année du traditionnel bilan de l’année, nous vous présentons un plaidoyer en faveur de la non-information et de l’ignorance. Ainsi vous allez découvrir ce que nous n’avons pas fait cette année. Voici un article pour vous détendre mais pas dénué d’un double niveau de lecture.

Nous n’avons pas colonisé Mars. On trouve qu’on regarde un petit peu trop cette planète au déni de la nôtre.

Nous aurions aimé entendre moins parler de m. Bolsonaro au Brésil.

Vous ne trouvez pas que ça sent le brûlé d’un coup ?

Nous n’avons pas arrêté le nucléaire.

Nous n’avons toujours pas une réforme du bac viable et claire.

Nous n’avons toujours pas compris la réponse à la vie, l’univers et tout le reste (à savoir 42).

Nous n’avons pas vu le Brexit aboutir.

Michel Drucker n’est pas mort.

Al Baghdadi (chef autoproclamé du groupe terroriste Etat islamique), par contre si. (Oh, mince, on vous a donné une vrai info !!!!!!!!!!)

Les ornithorynques n’ont pas pris le contrôle de la Terre. On attend encore. Peut-être pour l’année prochaine, on croise les doigts.

Nous n’avons pas vu Notre Dame disparaître entièrement (Mais presque, presque !).

Nous n’avons pas limité, voire stoppé notre consommation de viande, pourtant nocive.

Nous n’avons ni centralisé toutes les monnaies, les langues et les mesures de la Terre ni n’avons créé un état mondial basé sur l’égalité et le respect. D’un certain côté ce n’est pas si mal car, on passe de l’utopie à la dystopie en un battement de cil, aussi vite que nous changeons de cellulaire portatif. Ainsi, sommes-nous condamnés à vivre dans un régime politique scabreux en laissant à la misère et à la dérive des pays en péril social ? Bonne question.

Nous n’avons pas battu le record de craché de bigorneaux. (record dernièrement battu en 2011. 11,04 mètres tout de même. Il existe aussi une catégorie de craché en vents contraires, ce record est de 8,80 mètres !)

Mione et Yves Caillou (illustration de Maïwenn)