Voir Muriel Coulin, cinéaste

Muriel Coulin est une réalisatrice originaire de Lanester qui a trouvé le succès grâce à ses films co-écrits avec sa sœur, Delphine. Son dernier film Voir du Pays a été diffusé à la médiathèque de Lanester lors de la journée des droits des femmes le 8 mars dernier. Avec ce film, les deux réalisatrices ont voulu « explorer le thème de la violence et des femmes ».

Cette réalisatrice accorde une importance aux femmes et à leur situation. Lors du point presse organisé, précédent la diffusion de son film, j’ai pu lui poser quelques questions :

Quelles sont vos influences ? Qu’est-ce qui vous inspire ?

Je lis beaucoup de fais divers, dans les journaux. Ces petites histoires toujours insolites. Ce qui m’intéresse, c’est la folie des gens, comment ils en sont arrivés là. Parler des femmes est aussi une envie, pour ma sœur et moi, car c’est un sujet proche de nous en quelque sorte, le fait que nous soyons des femmes nous même, nous permet d’aborder plus précisément le sujet.

Quel parcours vous a menée jusqu’ici ?

J’ai essayé une première fois l’école de cinéma Louis Lumière à Paris mais j’ai raté le concours d’entrée. Alors je suis partie en Angleterre pour enseigner et j’ai réessayé une deuxième fois quelques années plus tard et là je l’ai eu. Cette école m’a vraiment permise de me professionnaliser et d’avoir des opportunités énormes.

C’est important pour vous de travailler avec votre sœur ?

Oui, on a énormément de choses en commun!Que ce soit les goûts, les références etc… On a une sorte de fusion qui nous permet d’écrire ensemble, sans concurrence ni désaccord. Après on se répartit les tâches, moi je m’occupe plus de la réalisation et elle du montage. Parce que moi, le montage, c’est pas mon truc…

Qu’est-ce que vous conseillez aux jeunes étudiants et lycéens qui veulent entrer dans le monde du cinéma ?

Je leur conseille d’apprendre en faisant. Il n’y a que comme ça qu’on apprend. En plus, vous, vous avez quelque chose que nous, on n’avait pas à l’époque : vous avez vos téléphones portable qui vous rajoutent une facilité. Vous pouvez filmer n’importe où et ce que vous voulez, ça n’a pas d’importance ! Pensez à votre position par rapport au sujet, à la lumière etc… Imaginez des améliorations, ayez un regard critique sur ce que vous faites et recommencez.

Qu’est ce que vous préférez dans le cinéma ?

Dans le cinéma, il y a une certaine fragilité pendant le tournage, tout ne tient qu’à un fil. C’est toute une organisation, et l’histoire que l’on veut raconter peut sans cesse être modifiée. Elle peut évoluée et parfois même paraître différente lors du montage. C’est ça que j’aime dans le cinéma, ce risque et cette fragilité.

Merci à Muriel Coulin d’avoir accepté de répondre à nos questions ! Dans leur dernier film, les sœurs cinéastes, déjà auteures du film 17 filles, tourné à Lorient, ont situé l’action à Chypre, dans un hôtel de luxe. Un sas de décompression pour des militaires français de retour d’Afghanistan, pour apaiser la violence de la guerre. Soko et Ariane Labed, les deux actrices principales du film, jouent deux soldates au milieu d’hommes, qui, comme eux, tentent d’absorber le choc du combat pour revenir à la « vraie » vie. Ce film, projeté à Cannes en 2016 dans la sélection « Un certain regard », y a obtenu le Prix du meilleur scénario. Il est disponible en DVD depuis quelques semaines.

Alwéna

La version audio de l’interview (attention, la première question a disparu) :

images : affiche du film / photographie de Muriel et Delphine Coulin de Richard Schroeder (www.richardschroeder.fr)

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