Fukushima, le nucléaire en question

Souvenons-nous, c’était le 11 mars 2011, au large des côtes japonaises, un séisme de magnitude 9 survient. Plus tard, la même journée, c’est un tsunami mesurant jusqu’à 39m par endroits qui vient violemment frapper le Japon. Bilan : 15 894 morts, 2 563 disparus, 6 152 blessés et 470000 personnes se retrouvant dans l’obligation de quitter les zones contaminées. D’habitude, on dit que les dégâts matériels importants causés par un tsunami sont réparables. Mais, dans ce cas, les dégâts auront un impact sur le long terme. Car le tsunami a également frappé les centrales nucléaires de Fukushima. C’est la centrale de Fukushima Daiichi qui fut le plus touchée.
Des taux de radiations 1 000 plus élevés que la normale continuent d’être mesurés. Après de nombreuses tentatives de contenir les brèches, c’est un plan d’assainissement sur des décennies qui est mis en place fin 2011.

Six ans après le tsunami et la catastrophe nucléaire, l’accident n’est toujours pas terminé. Il faut toujours refroidir les trois réacteurs qui sont rentrés en fusion. Sans quoi, ils reprendraient leurs rejets toxiques dans l’atmosphère.
De nombreuses enquêtes sur le terrain

Cette catastrophe a été l’objet de plusieurs enquêtes. Comment se fait-il qu’un pays aussi développé que le Japon n’était pas préparé à ce type de menace ? Aujourd’hui, nous savons que c’est par un manque de préparation que la catastrophe a pris cette ampleur. Vous me direz, qui peut prévoir ce genre de catastrophe ? Et je vous répondrai que personne ne peut prévoir totalement. Un pays comme le Japon était exposé à une multitude de risques du fait de son exposition aux séismes et tsunamis qui peuvent se déclencher. Les enquêtes ont révélé que les structures et les préventions qui auraient dû être réactives n’ont pas jouer leur rôle. Ce qui, par la suite, a créé une réaction en chaîne jusqu’à se retrouver avec un mastodonte nucléaire ingérable.

Des centaines de sangliers toxiques ont envahi les zones désertées (des taux 300 supérieurs à la norme)

Et aujourd’hui qu’en est-il ?
La récupération du corium (le combustible fondu radioactif) au sein des réacteurs accidentés (le 1, le 2 et le 3) constituera l’opération la plus délicate et la plus longue du processus de démantèlement de la centrale de Fukushima Daiichi. Elle devrait durer au moins 30 ans. Et commencera en 2021…

La zone d’interdiction de passage allant de 20 km à 30 km par endroits va se voir réduire. Les autorités japonaises ont décidé de lever cette zone rendant accessibles certains villages. Malheureusement, l’analyse de ces terres a démontré que le niveau de rayonnement est encore trop élevé pour un retour à une vie saine. Les habitants de ces zones où l’interdiction a été levée sont tout de même encouragés  à revenir afin de réinvestir les lieux. Si Fukushima ressemble à un no-man’s land où l’air et la terre sont des poisons pour les humains, à 5 kms du site, les chantiers ont donc repris et les habitants reviennent, en fin une partie (10 à 20 %). Si 7 localités restent interdites et inhabitables, certains habitants regagnent leur village.

A noter que pour la première fois, la responsabilité de l’État japonais a été invoquée dans la catastrophe nucléaire. L’action en justice, entreprise par un groupe de citoyens, a trouvé sa conclusion la semaine dernière. Un tribunal a estimé que le désastre nucléaire aurait pu être évité si le gouvernement avait ordonné à Tokyo Electric Power (Tepco), l’exploitant de l’usine, de prendre des mesures de prévention.


Des leçons à tirer

La France étant un des pays les plus consommateurs de l’énergie nucléaire, nous sommes alors en droit de nous poser quelques questions. Bien que l’énergie nucléaire soit une énergie efficace, cette source d’énergie est très dangereuse à manier et les centrales françaises très vieilles. Pour démanteler une zone, il faut énormément d’argent et c’est un facteur qui fait que le détachement du nucléaire est compliquéDans certains cas, on nous parle d’augmenter la durer de vie des centrales nucléaires française de 50 ans. Est-ce judicieux ?

Une autre alternative consisterait à passer au vert. Il en est encore temps. 

A/CPROD

(images libres de droit sur pixabay.com)

 

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