Nouvelle : Le quotidien d’une Parisienne

A la Gazette, on traite d’actualité mais pas seulement… On la crée aussi !… Ici, en pleine période de rentrée littéraire, venez découvrir un texte composé par LouN, une courte nouvelle…

J’ouvre doucement les yeux. Mon homme est allongé à mes côtés dans ces draps encore chauds de la nuit. Je me tourne pour le regarder dormir. Ses paupières sont complètement closes. Il dort comme un bébé. Seul un souffle léger et régulier s’échappe de ses lèvres entrouvertes. Mon regard se dirige vers le réveil : 7h46, il va encore être en retard. Je le réveille « tout en douceur »; en lui sautant dessus. En panique, il se redresse, me toise puis se rallonge. Il regarde le réveil et puis se relève d’un bond :

« Pourquoi tu ne m’as pas réveillé plus tôt ?!? Je vais encore être en retard !

– Comme si c’était de ma faute! « 

Énervé, il quitte la chambre sans un regard. Et bien sûr, claque la porte derrière lui. J’ai horreur de ça, ça me hérisse le poil.. Mais je lui pardonne dans la seconde. Aah, les hommes ! Moi, je reste à la maison. Après un bon petit déj’, je m’assois sur le fauteuil du bureau et commence mon boulot. Au bout de plusieurs heures de travail acharnées, je fais une pause. Direction la fenêtre. Je regarde Paris, sa pollution, ses pauvres. J’aime écouter le ronron des voitures et observer toutes ces minettes sur les trottoirs qui, parfois, je dois l’avouer, me rendent jalouse… J’oriente mon regard chez la voisine. Toujours en train de faire du commérage celle-ci. A la seconde même où je jette une œil dehors, elle se met à m’épier. Agacée, je change de fenêtre. La voisine de ce côté-là est vraiment à plaindre, son homme ne rentre jamais à la maison. En plus, on raconte qu’il la bat.

Je songe au mien, à mon homme. L’an dernier, pour mon anniversaire, il m’avait offert un collier, magnifique. La date approche, je souris. Je jette un dernier coup d’œil à la voisine, elle est toujours là, à m’observer. Je soupire puis, rassasiée, je me remets au travail. À 18h30, il rentre du travail, harassé. Il s’affale sur le canapé. Pour le détendre, je commence par lui faire de petits massages mais il me dit que ce n’est pas le moment. Vexée, je retourne dans mon fauteuil. À 19h30, il m’appelle pour manger. Malheureusement pour lui, je boude.

Au bout de quelques minutes, il entre dans le bureau. Avec un regard attendri, il s’approche de moi, me prend dans ses bras et me serre tendrement. Puis, me dépose devant ma gamelle.

L ou N

image en une libre de droit sur https://www.flickr.com/

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