Tourisme et chair de poule

N’avez vous jamais eu envie de vous jeter dans une aventure périlleuse, dans un pays lointain, dans une culture qui vous est totalement inconnue ? Cette pratique se nomme le « Dark Tourism » ou, en français, le « tourisme sombre » ou le « tourisme noir ». 

Si vous voulez vous confronter à ce qui semble dangereux et choquant, allant de lieux marqués par la guerre jusqu’à des endroit ayant subi des catastrophes naturelles ou industrielles, le Dark tourism est fait pour vous. David Farrier, journaliste néo-zélandais, nous fait découvrir ce phénomène dans sa série documentaire « Dark Tourist » produite par Netflix. La définition initiale du Dark Tourism est d’aller dans des endroits liés à la souffrance et à la mort. Par exemple, il y a le célèbre camp de concentration nazi Auschwitz-Birkenau ou la petite ville de Pripiat en Ukraine, ayant subi la catastrophe nucléaire de Tchernobyl.

Dans les faits, ce tourisme s’étend à tout ce qui peut bousculer l’esprit, allant jusqu’à être totalement penché sur le fonctionnement actuel d’un pays, permettant alors de découvrir les fondements, les dessous, et les peurs sur lesquelles une société peut se fonder : la mafia, les bidonvilles, le terrorisme, la prostitution, le trafic de drogues, d’armes…

Nous nous sommes demandé ce qui, à notre échelle, pourrait s’en rapprocher. On s’est alors dit que l’urbex partageait des principes du Dark tourism : aller dans des endroits délabrés, désaffectés, souvent dangereux, et marquant le passage de l’homme . Évidemment, le dark tourism est bien plus extrême. En urbex, il suffit de sortir du bâtiment ou de s’éloigner pour être en « sécurité », « retrouver ses esprits ».

En Dark Tourism, aucune trêve. Nous sommes perpétuellement dans un climat d’incertitude, souvent livrés à nous même dans une hostilité qui peut parfois être omniprésente.

Des voix s’élèvent pour dénoncer les trois aspects négatifs de cette nouvelle forme de tourisme. D’abord le danger pour les touristes de visiter des endroits où leur sécurité et leur santé ne sont plus des priorités. Dans un second temps, c’est l’aspect mercantile qu’on peut aussi dénoncer : des professionnels du tourisme en on fait un business macabre… Et enfin, l’aspect voyeurisme… Comment justifier une envie d’aller voir des lieux où, par exemple, des hommes, des femmes et des enfants ont été tués, au Rwanda, au Moyen Orient ou dans les ruines des camps d’extermination nazis ? Mais si ces aspects sont évidemment criticables, on peut aussi voir dans ce développement de cette « mode », un désir de se souvenir et de ne pas oublier.

Que pourrait, par ailleurs, pousser quelqu’un à pratiquer ce tourisme ? Une volonté de se faire peur peut-être, de sortir de sa zone de confort, se confronter à une autre réalité avec une certaine violence.

Se prouver son courage, se sentir vivant en frôlant la mort et en étant spectateur de celle-ci. Les « dark tourists » tentent alors de trouver, voire même, de repousser leurs limites, ou potentiellement satisfaire une sorte de curiosité malsaine, ce qui se rapprocherait alors du voyeurisme.

Le dark tourism peut aussi avoir valeur d’acte mémoriel, commémoratif, comme nous le disions, ou simplement humanitaire, avec les villes fantômes, les anciennes prisons, les vestiges de guerre ou même les pays actuellement en guerre, où certaines personnes passent leurs « vacances ».

Si vous êtes de nature téméraire et voulez en apprendre davantage sur vous même et sur le monde, vous savez alors ce qu’il vous reste à faire !

Lil & Math

(image libre de droit : ossuaire en République Tchèque)

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