Thérapie Taxi, le désenchantement

En 2012, la voix d’Adélaïde rencontre celle de Raphaël, rejointe bientôt par la guitare de Félix et la batterie de Renaud. Ensemble, ils créent une œuvre se voulant transgressive et provocante, mélange de rap, de rock et d’électro pop : ainsi naît Thérapie Taxi. En s’associant au grand Roméo Elvis ils connaissent un succès fulgurant et atteignent rapidement le haut du classement des Hits de l’été 2017. Depuis, Thérapie Taxi est partout dans les médias, chaque jour j’entends vanter les mérites de ce groupe trop trop cool qu’il faut absolument écouter. Quel beau conte de fée on m’a vendu là. J’ai évidemment fini par craquer et cliquer sur Salop(e) qui apparaissait encore une fois dans mes suggestions youtube. 

« Oui mon rêve ma chérie, c’est de me perdre dans tes yeux bleus.
D’être en vie, d’être amoureux,
De s’en aller un peu.

Alors va te faire enculer, va bien te faire enculer, salope
Oui, va te faire enculer, va bien te faire enculer, connard
Alors va te faire enculer, va bien te faire enculer, salope
Oui, va te faire enculer, va bien te faire enculer, connard
Dans les chiottes sur internet, dans une grotte sur la planète,
Dans une fête, sans ta culotte on te baise.
Dans un champ, avec un jean fait salement,
Au fond des lignes soutif blanc, sans aucun style on te baise.
Sur un canap’ avec brio sans une sap’ comme un salop,
En trio que ça décape, on te baise.
Dans les plaines avec finesse, dans l’ivresse à bout d’haleine,
Dans une caisse sale, là, on mène, on te baise. »

Les insultes, entrecoupées de passages mielleux et franchement prévisibles, chantées à l’encontre de des exs de la petite bande de bobos parisiens heurtent mes oreilles. Quelle triste désillusion. J’ai essayé de m’y intéresser, de comprendre comment ceux qui m’entourent arrivent à entendre un univers musical original, une « vision lucide de notre société et de ses problématiques ». Notre génération n’aurait-elle donc comme intérêts que le sexe, l’amour et la défonce ? Ce qui se voulait être l’avenir de la chanson française moderne, se retrouve n’être qu’un copie éco+ de ce qu’ont pu faire précédemment Fauve, La Femme, Grand Blanc ou Vendredi Sur Mer. Si on met de côté les clichés véhiculés en nombre, le regard presque malsain porté sur les relations amoureuses et le corps de la femme (J’en suis presque mal à l’aise dans ce dernier couplet. Toute cette haine se veut drôle, plot twist : ça ne l’est pas.) Et bien, même en oubliant tout ça, les paroles restent tristement vides et simplistes. J’ai définitivement loupé le coche et reste dubitative face à toute la hype que connaît le groupe.

Comme le montre cette soirée au festival, les Indisciplinées (le 03 novembre dernier), ils ont au moins le mérite d’avoir conquis le cœur du public, très réactif à l’énergie du groupe en live (qui en déploie parfois même trop, la tradition du lancer de bouteilles d’alcool dans la foule a valu un départ précipité et un beau bleu à l’œil d’une amie). Les cris de loups résonnent sûrement encore dans la salle. Nos rires d’incompréhension aussi.

Koup

(image en Une : détail du visuel de l’album / photo du live : Koup)

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