2018 : thank you, next.

En début d’année 2018, malgré nos cœurs endeuillés par la perte récente de Johnny (nous n’étions pas au bout de nos peines en matière d’artistes disparus), il fallut reprendre le cours de nos vies et affronter, à travers la joie et les peines, les nouvelles épreuves qui arrivaient. Avant de vous laisser rejoindre vos proches et écrire vos vœux, retour sur l’année qui vient de s’écouler.

Janvier : Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est abandonné malgré sa validation par référendum en juin 2016. Décès de France Gall, chanteuse française des années 60 (en espérant que l’on retienne d’elle autre chose que la blagounette de Gainsbourg qui lui fit chanter à 16 ans la célèbre chanson aux connotations douteuses Les Sucettes).

Février : Sorties de l’incroyable film de Guillermo del Toro The Shape Of Water, de l’émouvant Lady Bird de Greta Gerwig ainsi que de l’album XEU de Vald.

Mars : Décès d’un des plus grands physiciens et cosmologues de notre ère, Stephen Hawking et réélection de Vladimir Poutine pour son 4ème mandat, depuis 1990.

Jusqu’en avril l’actualité n’a pas été très secouée (c’est le dégel qui prend son temps), et soudain est arrivé un événement historique dans le monde : le rapprochement de la Corée du Nord et du Sud, la dernière rencontre datant d’il y a 10 ans ! Kim Jong Un et  Moon Jae-in se sont serré la main sur la ligne de démarcation militaire (DMZ) qui divise la péninsule depuis la fin de la guerre de Corée, en 1953. L’île aux chiens, nouveau film en stopmotion de Wes Anderson (Moonrise Kingdom, The Grand Budapest Hotel) sort en salle. Décès par suicide du dj Avicii et de Jacques Higelin à 78 ans.

En mai, exactement 50 ans après les révoltes de 1968, une frénésie militante a pris le pays, les étudiants et personnels de l’Education nationale ont manifesté contre la Loi Blanquer visant à réformer le bac et le système d’admission en études supérieures. Les cheminots, eux, luttaient contre la privatisation du système ferroviaire et le personnel soignant des hôpitaux dénonçait les déplorables conditions de travail et de traitement. Malheureusement, ce soulèvement s’est vite étouffé. Pendant ce temps en Irlande, l’IVG (interruption volontaire de grossesse) a, après des années de luttes, enfin été dépénalisée avec 66 % de voix en faveur ! Décès de Maurane, une chanteuse francophone. Sortie du nouvel album d’Arctic Monkeys, Tranquility Base Hotel & Casino.

En juin, c’est au tour de Donald Trump de serrer la main de Kimjichou. Les deux dictateu- chefs d’états se sont montrés très proches. Après cinq heures de discussion, un document commun mettant au clair les nouvelles relations entre la Corée du Nord et les Etats-Unis (notamment la dénucléarisation totale de la Corée) a été signé. Les femmes d’Arabie Saoudite ont le droit de conduire grâce à un décret du roi (la monarchie wahabbite était l’unique pays du monde à leur interdire). XXXtentation, un rappeur émo américain, se fait assassiner.

Juillet fut marqué par deux grands événements qui laissèrent les Français dans un entre-deux « content/pas content » assez peu confortable. D’une part, le Monde révélait qu’Alexandre Benalla, un membre de l’entourage de Macron, avait usurpé la fonction de policier et violenté un couple de personnes en manif, ces informations ont entraîné une liste bien trop longue à énumérer ici d’accusations et de révélations, faisant descendre brutalement la confiance des électeurs envers Manu. D’autre part, la France gagnait la coupe du monde de Foot, inutile de vous la rappeler en détail, les émotions qui ont uni tous les habitants de l’hexagone sont indescriptibles et inoubliables. Les Indestructibles reviennent au cinéma après 14 ans d’absence.

En aout, faisant se retourner les cendres de Simone Veil toutes fraîchement arrivées au Panthéon, les sénateurs d’Argentine laissèrent en place (contrairement à leurs homologues irlandais) la peine de mort pour ‘IVG. Le pays, profondément conservateur, en fut malgré tout secoué et de très nombreuses femmes furent violemment affectées par cette décision. Décès de la reine de la soul, Aretha Franklin. Sortie du film BlacKkKlansman de Spike Lee.

Septembre : le rappeur MacMiller décède d’une overdose de médicaments. Alpha Wann sort son album Une main lave l’autre, et Youssoupha Polaroid Experience.

Après une rentrée en douceur, Octobre décide de mettre une grosse balayette à notre moral en accueillant le nouveau président du Brésil : Jair Bolsonaro (j’ai même pas envie d’en parler, je vous invite sincèrement à lire sa page wikipédia qui s’approche plus d’un troll d’adolescent perdu sur jvc que d’un résumé des opinions politiques du président d’un des plus grands pays émergents). Décès d’Aznavour. Sortie du biopic du groupe Queen, Bohemian rhapsody.

En Novembre, c’est la commémoration du centenaire de l’Armistice de la Première guerre mondiale qui fit dix millions de morts et huit d’invalides. Mais depuis la fin de ce mois, nous sommes surtout marqués par l’arrivée des Gilets Jaunes, un mouvement de contestation populaire né à la suite de l’augmentation du prix de l’essence. Les individus qui se révoltent un peu partout en France sont très hétérogènes : sur les réseaux sociaux circulent, avec beaucoup de mépris, toutes les images de nos amis les fachos, provocant des femmes voilées, insultant des hommes, « pd », dénonçants des migrants cachés dans un camion (évolution gestapo). On nous présente ainsi que l’aspect beauf de la fête, à base de chenilles, de 8.6 et de pâté zeypo sur l’autoroute. A la télé, c’est la violence des casseurs dégénérés qui est mise en avant (poke à la vidéo très mal mise en scène d’un adolescent cagoulé de té-ci qui grogne « mon ennemi c léta »). Mais, derrière ces images, parmi eux, il y a un noyau solide de travailleurs épuisés par le système actuel, qui ne peuvent plus rester passifs. Arrêtons de pointer du doigt les personnes problématiques, elles sont partout, absolument pas caractéristiques des manifestants. Leurs actions sont, elles aussi, controversées : ouvrir les autoroutes, c’est bien, dénoncer le système économique qui détruit les moins aisés, c’est bien. L’homophobie et la xénophobie (même si ça n’excuse rien, c’est un fait avéré : les classes populaires en sont très touchées, peut-être à cause d’une exclusion ou d’une éducation rurale plus traditionnelle), la violence physique, bloquer les lycées, empêcher une femme enceinte d’aller jusqu’à l’hôpital, c’est moins filou.

Et puis il y a tout le reste. Les violences policières ? Elles sont cachées un maximum, les forces de l’ordre apparaissent parfois du côté des militants (distribution de sérum phy pour protéger les yeux des bombes lacrymogènes, réactions bien plus contrôlées qu’envers les manifestants habituels), parfois totalement opposées (altercations et débordements). La dégradation de monuments ? Certes, l’Arc de Triomphe ou les grilles des tuileries sont magnifiques, mais n’est-ce pas le propre de toute insurrection, d’abîmer les symboles forts du pouvoir ? D’ailleurs, n’est-il pas curieux que ceux qui dirigent ce système politique réduisant à la misère de plus en plus d’êtres humains soient les mêmes qui condamnent et qualifient de violences intolérables une vitre cassée, un tag et quelques pavés arrachés ? 3 morts et 600 blessés ? C’est déjà énorme, mais prenons du recul et consultons nos livres d’Histoire…

Si le soulèvement des Gilets Jaunes entraînait un mouvement d’ampleur plus importante encore, comme dans le passé, que ferions-nous ? Ils sont présentés comme ridicules, mais leurs revendications ne le sont pas et pourraient conduire à un grand bouleversement. Ou pas. Les deux m’inquiètent.

What a mess.

Koup

(image libres de droit)

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