Je mange donc je suis

 L’éthique interroge les valeurs et la morale. C’est un concept philosophique abstrait mais on peu l’appliquer à un thème beaucoup plus concret, qui nous touche quotidiennement notre alimentation. Est-il moral de chasser des animaux non plus pour survivre mais pour son plaisir ? Est-il moral de faire vivre des poules pondeuses dans un espace à peine plus grand qu’une feuille A4 ? Est-il moral de polluer le sol et les rivières alors qu’il est possible de ne pas le faire ? Est-il moral de sous-payer les agriculteurs du monde entier ? Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse à ces questions car elles questionnent nos valeurs qui nous sont propres.

Depuis toujours, on ne s’est jamais posé la question de ce qu’on avalait car les produits étaient beaucoup moins transformés. Aujourd’hui, les progrès scientifiques, les menaces écologiques et les scandales sanitaires dont nous sommes informés régulièrement nous interrogent : mangeons-nous comme il faut ? 

Local, bio ou végan ?

Manger dans le respect de la planète, de l’agriculture et des animaux semble et est très compliqué. Même avec la meilleure volonté du monde, il est difficile de s’y retrouver… Il faut vérifier à la fois l’origine et la composition de tous les aliments que l’on mange alors que la nourriture est de plus en plus transformée. De plus, il est impossible de connaître l’intégralité du chemin de nos aliments, de la fourche à la fourchette. Nous, qui sommes au lycée, n’avons pratiquement aucune prise sur ce que l’on mange., on ne connaît ni la composition, ni la provenance. Le seul acte que l’on peut faire pour plus d’éthique est de diminuer ou de stopper notre consommation de viande. Car même si l’on ne devient pas végane, nos actions ont le pouvoir de faire changer les choses. Il ne faut pas se voiler la face, ce n’est pas en prenant un poisson pané au lieu d’un steak haché une fois par mois que le monde va être sauvé.

Mais si l’on mange de la viande un repas sur deux ou sur trois, on peut espérer que la vie sur Terre dure encore des millénaires. Ce changement dans notre alimentation influe à la fois sur les animaux, qui vivent et meurent dans des conditions immorales comme en témoignent les vidéos choquantes que dévoilent régulièrement des associations de défense des animaux mais aussi sur la planète car plus de 90 % de la déforestation en Amazonie est lié à la production de viande. En effet, les animaux sont nourris avec des céréales comme le soja qui sont cultivées dans des champs immenses. Ainsi, un tiers des céréales produites nourrissent le bétail et 70 % des terres agricoles du monde sont utilisés pour le pâturage ou la production d’aliments destinés aux animaux d’élevage. La famine sévit dans de nombreux pays alors que la solution est sous nos yeux.

Changer nos habitudes

Manger éthique passe aussi par des modifications de nos habitudes de consommation. L’alimentation biologique tend à se démocratiser et de nombreuses grandes enseignes ont maintenant une gamme d’aliments bio abordable. Se nourrir localement reste le point le plus compliqué. S’il est difficile de consommer uniquement des aliments cultivés dans la ferme d’à côté, manger des fruits et des légumes de saison est facile à mettre en place parce que les fraises en plein mois de décembre ne viennent sûrement pas de France. Il existe de nombreuses autres façons de manger plus respectueusement. On peut, par exemple, diminuer le gaspillage alimentaire, qui s’élève, en France, à 79kg par personne par an, en achetant uniquement ce qui sera utilisé sans aucun doute.

En 2019, nous connaissons les risques que comportent alimentation trop grasse ou trop sucrée, nous connaissons les dangers des perturbateurs endocriniens ou de produits toxiques (merci le glyphosate) qu’on trouve dans certains aliments, nous connaissons aussi l’impact écologique désastreux de certaines pratiques d’élevage ou de culture agricoles. Malgré cela, l’Etat et les entreprises que nous subissons mettent trop de temps à changer et à évoluer.Pourtant il existe de nombreuses alternatives à notre système de consommation et d’alimentation dépassé.

Mais si nous attendons que le monde change pour nous, le temps peut sembler long… Pour être en accord avec soi-même, peut-être faut-il s’investir davantage. Bien manger, ça passe par s’intéresser au contenu de nos assiettes et chercher à limiter les conséquences néfastes de nos choix.

Lénaïg (dessin de Swann)

(image en une libre de droit)

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