Sur les traces de « Petit pays »

Petit Pays est un livre dont on a beaucoup entendu parler lors de sa sortie, en 2016. Après avoir gagné le prix du roman FNAC, le prix du premier roman, le prix des étudiants France culture- télérama, le prix Goncourt des lycéens et d’autres encore, tout cela l’année de sa sortie, j’ai envie de dire que son succès est évident ! Je vais vous expliquer pourquoi ce succès est mérité.

Petit pays, c’est Gaël FAYE qui nous raconte l’enfance de Gabriel (Gaby), au Burundi, en Afrique. Alors non, ce n’est pas complètement une autobiographie, même s’il s’est grandement inspiré de sa vie. Une vie bouleversée, par un bonheur disparu trop vite …

Au début du roman, tout va bien pour Gaby, il vit sous le soleil, pieds nus, dans la terre rouge de ce « petit pays ». Lui et ses amis volent des mangues et des raisins chez la vieille Grecque, puis ils vont sur le terrain vague, dans leur Volkswagen dont il ne reste que l’ossature. Ils consomment leur gibier en écoutant les jumeaux raconter leurs aventures… Ils sont heureux…

Ce livre aurait-il eu un tel impact si l’histoire était restée telle que je viens de la décrire ? Si Gaby et sa bande d’amis étaient restés heureux ? Il n’y aurait peut-être pas eu ce livre si des clans ne s’étaient pas formés, si les noms de Hutu et Tutsi n’avaient jamais été prononcés.

On ne le saura jamais. Parce qu’on ne peut refaire l’Histoire.

Gaby vécut l’annonce de la guerre civile au Burundi en 1993. Et il ne savait pas, à l’époque que cela allait autant impacter sa vie. Que ce qui allait suivre cette annonce le changerait, à tout jamais.

Gaël FAYE, raconte cette histoire en essayant de se rattacher le plus possible à son état d’esprit d’enfant. Son imagination, son regard du monde, des gens, le cheminement de ses pensées… Toute cette vison change radicalement en grandissant. Il a réussi à garder une forme de naïveté, d’innocence dans son rapport aux événements, que j’ai trouvé assez magique.

Gaby nous transmet une forme d’optimisme, inconsciemment, juste en nous racontant comment il perçoit les événements de l’Histoire.

Gabriel ne voulait pas prendre parti, ni politique, ni idéologique. Il vivait son enfance et ne souhaitait rien de particulier, à part récupérer son vélo volé et passer des après midi entiers à manger des mangues sur les ossements de la Volkswagen, mais le fil des événements en a décidé autrement…

Personnellement, j’ai été très touchée par ce petit livre jaune qui pourrait paraître assez anodin au premier abord. Mais qui au final est chargé de beauté, de tendresse et de drôlerie mais aussi porteur de violence et de tristesse…

Emeline (dessin de Marie)

Gaël Faye est un réfugié politique, il fuit le Burundi, son pays natal, en 1995 à l’age de 13 ans. Il publie son première album de rap en 2013 : « pili pili sur un croissant au beurre ». Dans cet album, on peut retrouver le titre « petit pays », il se sert de sa musique pour raconter son histoire…

Il décide de publier son livre en 2016. Aujourd’hui, il est retourné vivre en Afrique, au Rwanda avec sa famille.

(image libre de droit sur flickr.com)

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