Céline Sciamma, réalisatrice engagée

Cette jeune réalisatrice française trace un chemin singulier dans le monde du cinéma. Elle vient de sortir son 4ème long-métrage et s’impose comme un nom à suivre.

Son nom ne vous dit peut être rien mais ses films vous parleront peut être un peu plus : Naissance des pieuvres (2007) – histoire de trois adolescentes au sein d’un groupe de natation synchronisée découvrant leur sexualité, leurs désirs, leurs attirances -, Tomboy (2011) – une jeune fille de 10 ans, très androgyne, est prise pour un garçon et se retrouve coincée dans l’ambiguïté de son genre – et enfin Bande de filles (2014) – un film émouvant sur quatre jeunes filles noires de banlieue, dont une découvre les joies de l’émancipation, après avoir été toute sa vie enfermée dans des mœurs strictes.

A travers ses films, depuis son premier long métrage (Naissance des pieuvres), Céline Sciamma n’a cessé d’affirmer son parti pris et ses convictions. Réalisatrice engagée dans la cause LGBTQI+, elle tente depuis ses débuts de donner le plus de clés possibles aux personnes qui se cachent, n’osant affirmer leur singularité.

Ses trois premiers films se tournent plus vers un public jeune, à l’âge de l’ébullition des désirs, des questions, des peurs de l’adolescence, montrant au cinéma ce que beaucoup se cachent à eux-mêmes et n’osent dévoiler. Elle se bat, ses films lui servant d’arme contre les assignations, les stéréotypes de genres et de sexualité que la société transmet encore.

Hier, sortait son dernier film, tourné, cette fois ci vers un autre public. Dans Portrait de la jeune fille en feu, il n’est plus question de doute, d’émancipation, de découvertes juvéniles mais de deux femmes, l’une peintre, indépendante et libre, l’autre fille d’une riche propriétaire, promise à un mariage qu’elle rejette ; la peintre, Marianne doit faire le portrait d’Héloïse pour son futur époux, cette dernière refuse de poser car elle ne veut pas se marier. Marianne doit alors jouer de manière plus astucieuse : elle est engagée comme domestique pour observer Héloïse discrètement, cette proximité fait naître en elle un amour passionné pour son modèle.

Cette intrigue aux thématiques pourtant très contemporaines (une femme lesbienne, peintre, libre, indépendante) se déroule pourtant au XVIIIème siècle. Mais malgré les à priori, ce genre de femmes n’était pas rare, le temps les a seulement oubliées.

Dans son film qui a reçu le Prix du scénario cette année au festival de Cannes, Céline Sciamma décide de les mettre en lumière et leur donner la place qui leur est due, prenant le contre pied du schéma de l’homme peintre, artiste et de la femme muse, modèle, simple objet de création.

Un film à découvrir, un auteur à suivre !

Anjelassommoir

(image extraite de la bande annonce du film)

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