L’existence en cavale

Tandis que cèdent les pétales de la fleur,

A peine éclose sans saveur et sans odeur,

Brassée, martyrisée par les vents ameutés

Par les juvéniles senteurs d’une âme pure,

Ces derniers éduqués, entraînés, familiés

Des aléas sournois d’une vie qui susurre :

« Tu ne m’attraperas pas je cours plus vite que toi »,

Incessant, oppressant, lui rappellent tout l’temps :

« Presse toi, presse toi, tu auras bientôt froid ».

La croissance pourtant doit se faire lentement.

Quel que fût son jeune âge le foehn sans pitié

Persévère, sardonique à dépecer sa proie ;

Sa jeunesse accourant l’exhorte à résister

Quelques fussent les voix quelques fussent les lois.

Su cyclone vif, prise dans la course folle,

Elle ne peut empêcher que son corps ne s’envole.

Mais si dès la naissance elle reçoit sans relâche,

Tous les fruits de la terre, de l’eau et du soleil,

Alors elle ne pourra craindre que l’on arrache

Ses racines bien ancrées. Ainsi son éveil

Sera lent, contrôlé, prodigieux, raisonné !

Auguste le lui dira : « Festina lente » !

Anjelassommoir (dessin d’Andréane)

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