Les Bretons, têtus comme des cochons

La Bretagne indépendante, un mythe dont tout le monde a entendu parler mais dont personne ne connaît vraiment l’origine. Un mouvement à l’instar de celui des Catalans ? Certains Bretons y croient dur comme fer… Pourquoi donc certains Bretons revendiquent-ils leur indépendance ? 

Un peu d’histoire

On recense les plus vieilles traces de peuplement sur les terres bretonnes à environ 700 000 ans av J.C (Eh oui ça fait un bail !), donc forcément ces Bretons on ne les soumet pas aussi aisément.

Après les Romains, les premiers à avoir voulu intégrer la Bretagne dans leur royaume furent les Mérovingiens et les Carolingiens, autant dire que leurs succès furent limités et de courte durée.Ces tentatives de conquête se firent au VIe et au VIIIe siècles après J.C et seulement quelque temps plus tard, en 851 la Bretagne s’unifia et forma un royaume : le royaume de Bretagne. Mais bon malgré ses grands airs, il ne dura guère longtemps et fut vite remplacé par un duché. Ce duché fut pendant des siècles en marge du royaume de France, s’autosuffisant très bien. 

Bref, toute cette longue introduction pour bien montrer que son côté nationaliste, à la Bretagne, il ne sort pas de nulle part. Rentrons maintenant dans le vif du sujet : en 1532, date fatidique, la Bretagne fut unifiée au royaume de France, c’est à partir de ce moment-là que les histoires bretonnes et françaises s’emmêlèrent pour donner ce qu’on a aujourd’hui. Avoir la Bretagne c’est bien, la garder c’est mieux. Et croyez moi ça n’a pas été une mince affaire. Le royaume de France réussit habilement à garder la Bretagne en lui octroyant des privilèges, comme la garantie d’une bonne autonomie. Et ce jusqu’en 1715 où, à la mort de louis XIV, les Bretons devinrent plus virulents et entreprirent de reprendre le pouvoir… en vain. La désorganisation du mouvement, si breton fût-il, eut raison de lui. 

Cependant, en 1792,  les Bretons tentèrent un nouveau coup d’état (coriaces les rois de la crêpe !) cette fois ci, bien plus délétère, car il entraîna la Chouannerie, guerre civile opposant, en Bretagne, royalistes et républicains.

Un tournant au XXème

Après cela, les mouvements bretons se divisèrent en 3 « Emsav » signifiant littéralement auto-élévation donc soulèvement. Le premier ayant commencé en 1898 se termina à l’aube de la Première Guerre mondiale. Ce fut un mouvement très engagé de part ses idées, qui visait à défendre tout le patrimoine breton (langue, danse…) qui commençait à disparaître. Il est marqué par l’apparition du régionalisme breton en politique et des questionnements à propos de l’indépendance. 

Le second Emsav débuta après la Grande Guerre et subsista jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

 Durant l’entre deux guerres, les Bretons furent réprimés : la langue bretonne fut interdite par l’État et les coutumes celtes furent endiguées. Tout manquement à la loi était puni et par conséquent la haine envers la France monta crescendo… Pendant cette période, le nationalisme breton était en pleine ébullition, moins dans le nombre de ses partisans que dans la pluralité et la diversité de ses partis. Un d’entre eux se démarqua cependant : Adsao (démocrate et chrétien) crée en 1928, en phase avec les préoccupations des Bretons, et qui restera le plus droit dans ses bottes. 

En même temps, le Gwenn-ha-Du, organisation secrète créée en 1930 agit directement contre l’Etat français (attentats, violence…)

Mais c’est le PNB (Parti National Breton) créé en 1931, qui se lancera dans la collaboration nazie. Olivier Mordrel, son créateur, revendique un Etat national breton qui prône un programme franchement similaire à celui des nazis : répression des étrangers, particulièrement de races latines et de couleur. Devant une France faible, battue et occupée, les nationalistes bretons y virent l’opportunité d’obtenir leur indépendance, mais cette volonté ne trouva aucun écho dans une Bretagne bien trop francisée.

Une milice bretonne fut créée à l’instar d’une division SS : Le Bezen Perrot, mais même si ses membres arboraient l’uniforme SS, ils ne se revendiquaient pas pour autant collaborateurs mais plutôt résistants militaires contre la France. A ce moment, les nazis et les indépendantistes bretons partageaient des intérêts communs qui les ont rapprochés. Les nazis, bien contents d’avoir quelques soutiens, donnèrent quelques “privilèges” à la Bretagne, sachant très bien que ce mouvement indépendantiste était voué à l’échec.

Bien que très scindées avant guerre – avec les “Bleus”, laïque et républicain, les “Blancs”, conservateurs et principalement catholiques.et enfin en forte minorité mais très visibles, les indépendantistes -, ces cultures politiques disparaîtront pour laisser place à une culture commune de gauche. Les comportements politiques bretons furent totalement chamboulés par la Deuxième Guerre mondiale ; cette rapide évolution des pratiques électorales est héritière de la destruction de la société bretonne traditionnelle – agricole et catholique. En effet, au lendemain de la guerre, les scrutins indiquent déjà un glissement à gauche. C’est dans les années 70 que la Bretagne tournera distinctement à gauche, notamment avec l’industrialisation, la modernisation de l’agriculture et l’installation de la société de consommation.

Aujourd’hui persiste toujours un mouvement indépendantiste breton, qui peine (encore) à se faire entendre. La Bretagne est devenue une région où l’on vote à très forte majorité à gauche et où les scores du FN sont beaucoup plus faibles que dans de nombreuses régions de France.

Et vous, pour ou contre une Bretagne indépendante ?

Anjelasommoir

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