Néonazis à la porte

Aujourd’hui j’espère attirer votre attention et raviver en vous l’hardiesse qui fut vôtre dans le but de disputer avec moi à propos d’un nouveau sujet palpitant. Bref, aujourd’hui nous parlons néonazis.

Tout d’abord, petite remise en contexte. Selon les politologues, le nazisme d’Hitler et du IIIe Reich a disparu avec eux, c’est pourquoi nous parlerons, dans cet article de néonazis, pour qualifier les personnes ayant la même idéologie que notre défunt Fürher. Voilà fin de la petite parenthèse et entrons, si vous le voulez bien, dans le vif du sujet.

Donc, comme insinué précédemment, l’idéologie nazie n’a jamais cessé d’exister et a perduré avec ses nouveaux représentants, les néonazis. Ceux-ci, cependant, se gardaient de faire trop de bruit… Et ce, malgré des attentats skinheads non négligeables.

Suite aux massacres et au génocide de la Seconde guerre mondiale, les états étaient beaucoup moins souples quant à l’idéologie nazie. Enfin jusqu’au début des années 2000. En effet, depuis lors, on remarque des rassemblements, des fêtes ou des concerts néonazis à grande échelle (tout est relatif) qui se multiplient. Les néonazis sortent du bois.

C’est le cas à Lengelsheim, petit village de Moselle, où, en février 2017 une fête néonazie de grande ampleur (plusieurs centaines d’individus) s’est déroulée. Reconnaissables grâce à leurs crânes rasés, leurs tatouages de guerre et, pour les plus audacieux, leurs tatouages de la funeste croix gammée, ces personnes sont devenues des habituées de la région, et le coin semble s’être transformée en un lieu de rassemblement fréquent de néonazis. Les habitants signalent au moins une ou deux fêtes l’été, des événements accompagnés de concerts.

Ces festivités ravivent beaucoup d’émotions, allant de la crainte à la colère en passant par la tristesse pour les personnes se remémorant les atrocités de la Seconde guerre mondiale.

Cette dernière réaction, en effet trouve tout son sens quand on sait qu’à Volmunster (Moselle), non loin de Lengelsheim, une stèle rendant hommage aux morts de la 17e SS PanzerGrenadier division a été érigée. Cette division a été reconnue coupable de l’un des plus sanglants massacres de civils sur le sol français. En effet le 25 août 1944, après la Libération de Paris, la « Gotz Von Berlichingen » division massacra de sang-froid 124 personnes dans le village de Maillé, en Indre et Loire. Bien que la stèle fut démontée peu de temps après son érection, le mal était fait et cette très explicite provocation eut l’effet escompté auprès des habitants qui s’en trouvèrent bouleversés.

Les maires aussi sont particulièrement remontés et blâment le système législatif français qui n’est pas assez sévère sur la question. En effet, si autant de réunions néonazies se tiennent en France, c’est dû aux poursuites pénales moins risquées que dans l’ex-Prusse. Pour sortir de la juridiction allemande, il n’ont qu’à traverser la frontière, et ils ne s’en privent pas.

Cependant l’Allemagne n’est pas exempte non plus de ces réunions scabreuses. En effet, tous les ans, le même jour, des fêtes autorisées (ou plutôt pas interdites) se déroulent en Allemagne. Ces fêtes sont organisées tous les ans, le 20 avril, et devinez à qui elles sont dédiées… à notre cher et tendre Adolf Hitler (Le 20 avril 1889, c’est sa date de naissance. Revoyez vos classiques bon sang !) ! Bien que l’État allemand est conscient de la présence de ces festivals, celui-ci estime que les festivaliers sont trop peu nombreux pour représenter une menace (des autorités sont tout de même affectées à la surveillance des lieux).

Eh bien tout est relatif puisque simplement à Ostritz, petite bourgade de l’Est allemand, on estime qu’environ 3500 personnes sont susceptibles d’être attirées par le festival qui s’y tient. Ce festival se nomme là bas « schild und schwert » (bouclier et épée) et a pour thème « la reconquête de l’Europe » (Joyeux hein ? On ira ensemble, ne vous inquiétez pas). Ces festivaliers viennent des 4 coins de l’Europe, avec des représentants russes, français, etc.

Dans le même temps on remarque une hausse des actes antisémites en Allemagne. En témoigne l’attentat de Halle, du 9 octobre dernier où un jeune homme (niant l’existence de la Shoah et imputant à la population juive la responsabilité de ses problèmes) a tenté de massacrer à coups de fusil à pompe tous les Juifs se trouvant dans la synagogue (entre 70 et 80 personnes), ceux ci fêtant alors Yom Kippour, la fête la plus sainte de l’année juive. Les actes en l’honneur de la doctrine hitlerienne se banalisent comme avec l’assassinat par un néonazi de l’élu promigrant du parti conservatoire d’Angela Merkel, Walter Lübcke, en juin de la même année.

Et chez nous ? L’antisémitisme est toujours là.

Ainsi, le tribunal correctionnel de Nice a condamné fin novembre un membre d’un groupuscule étudiant néo-nazi à un an de prison ferme pour apologie du terrorisme. Il avait salué l’action de Robert Bowers, auteur de la tuerie antisémite aux Etats-Unis qui avait fait 11 morts dans une synagogue de Pittsburg en 2018. On continue aussi à profaner des sépultures dans des cimetières juifs. A salir ou à briser des monuments rendant hommage à des victimes juives.

Faits divers ou résurgence inquiétante d’une idéologie stigmatisée, à vous de voir.

Les faits sont cependant là et l’extrême droite européenne accumulant les succès électoraux, on risque, à l’avenir, d’en voir des vertes et des pas mûres.

Roméo (illustration d’Anjela)

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