MIA, phénomène XXX

Mia Khalifa est une star très connue du porno. L’image qu’on a d’elle (outre les images quelque peu douteuses que vous pourriez avoir en tête) est celle d’une femme dont la vie foisonne de tournages pornographiques. Seulement, cela fait des années qu’elle a arrêté de tourner des scènes. Cependant, cette image que l’on a d’elle la suit partout depuis cinq années. A son grand désespoir. Retour sur le phénomène.

La bio

Mia Khalifa est né au Liban dans une famille chrétienne en 1993. Plus tard, elle s’installe aux Etat-Unis où elle décroche une licence en histoire. Elle subit des discriminations après les attentats du 11 septembre 2001 à cause de ses origines libanaises. En 2014, elle s’installe à Miami. Elle a 21 ans.

Peu après son aménagement, elle est remarquée par un recruteur de talents dans la rue qui lui a laissé les coordonnées d’une agence qui gère des pornstars. Intriguée par cette proposition, elle décide d’aller voir tout en ignorant qu’elle allait devenir célèbre : « Ce sera mon petit secret indécent». De la fin de l’année 2014 à environ février 2015, elle tourne 12 scènes seulement (oui vous pouvez vérifier, j’y suis allé aussi…). En quelques mois, elle devient l’actrice pornographique numéro 1 du site PornHub. Plus d’un million et demi de consommateurs de porno ont vu Mia Khalifa. Elle est devenue une star malgré elle… intention. Pour donner un exemple flagrant, d’après les données du site PornHub, les recherches la concernant ont été multipliées par cinq entre le 3 et le 6 janvier 2015, dont un quart venait du Liban (son pays d’origine).

Là, tout s’emballe : dans son pays d’origine, au Liban, beaucoup affirment qu’elle fait une carrière honteuse qui dessert son pays. Elle reçoit plusieurs menaces de mort suite à la diffusion d’une vidéo très polémique où elle faisait l’amour avec un hijab (voile). Parmi ces menaces, on en trouve une émanant de l’Etat islamique qui a publié un photomontage d’elle la tête coupée.

Malgré cela, elle essaie de continuer à vivre normalement, d’abord avec un nouvel emploi dans une assurance mais elle est trop humiliée.

Sa vie intime est difficile après cette courte carrière également. Elle se cloître chez elle pendant des années, elle pense alors que dès qu’un inconnu la reconnaît, c’est qu’il l’avait vue nue. Elle décide alors d’oublier et de fuir cette partie de sa vie. Megan Abott, sa coach de vie l’a aidée à sortir de cette situation.

Ainsi, en août 2019, Mia Khalifa décide de raconter sa vie et notamment sa carrière dans le pornog dans une interview menée par Megan Abott. La vidéo est sur la chaîne de sa coach sur youtube (« Mia Khalifa tells her story for the first time ». Par contre, c’est en anglais hehe ! (et en plus les sous titres de youtube, c’est trop de la merde, bref). Aujourd’hui elle est devenue commentatrice sportive.

La polémique

Mia Khalifa suscite beaucoup de débats, et sa carrière dans le « X » (j’sais pas je voulais dire « le X » pour changer…), tout comme sa vie, est très floue, contrairement à son corps qui n’est jamais flouté, lui.

Par exemple, on pourrait croire que Mia Khalifa est millionnaire. Seulement, elle n’a gagné en environ trois mois de tournage que 12 000 $. Malgré la déclaration qu’elle a faite, plusieurs commentaires/avis sur les réseaux sociaux affirment qu’elle ment sur ses revenus.

Comment est-ce qu’elle est devenue si connue ? Tout d’abord, comme elle l’a dit dans son interview avec Megan Abott, elle est entrée rapidement et de manière ingénue en contact avec la pornographie. Même si elle a avoué qu’avant même de tourner ses premières scènes, elle pressentait que sa vie allait changer très rapidement, rien au début ne prédisait cette trajectoire fulgurante. L’un des explications est peut être la nature des vidéos qu’elle a tournées. Ainsi, une vidéo en particulier a suscité beaucoup de débats : celle où elle fait l’amour avec un hijab. Une fois diffusée, tous les médias nationaux et internationaux en ont parlé, elle a fait l’objet de critiques, et certains pays musulmans l’ont même mis sur la liste des personnes indésirables. Une actrice venue du Moyen orient qui fait du X, c’est sans doute vendeur !

Encore du chemin

Mia Khalifa est donc confrontée depuis cinq ans aux problèmes de vie sociale. Elle tente de sortir de cette situation, avec la thérapie et le travail. Mais le problème est que tous ces gens qu’elle rencontre la connaissent. La jeune femme de 26 ans témoigne même que plusieurs tentent de rentrer en contact avec elle uniquement parce qu’elle était une star du porno. C’est assez intéressant (si on exclut les connards et les obsédés sexuels qui viennent l’aborder seulement pour ces raisons) de s’imaginer la croisant, ou la rencontrant. Évidemment, si on la connaît par le porno, on pensera inconsciemment à cela, et il y a de fortes chances pour qu’on ait une relation sociale étrange avec elle (si on ne la connaît pas bien sûr). Mais il y a de fortes chances également pour que cet état d’esprit change progressivement. Avec la libération (assez lente) de la masturbation, et de la pornographie dans les mœurs (attention, je ne dis pas que la pornographie c’est bien mais elle est existe, on ne peut pas le nier), on voit que le tabou est en train de disparaître. En France en tout cas.

Par exemple il y a cinquante ans, c’était impensable qu’une femme dise qu’elle se masturbe. Aujourd’hui, si l’on est entouré par des personnes plus ou moins ouvertes d’esprit et pas trop connes, il n’y a pas de problème pour en parler. Cependant, le porno, tout comme la prostitution sont très peu reconnus comme des métiers. Or, on pourrait s’interroger sur la valeur du corps. Dans l’un comme dans l’autre, le corps est vu comme un objet de travail, comme le marteau est l’outil du forgeron (sauf qu’il n’y a plus beaucoup de forgerons au XXIe siècle, mais vous avez compris l’idée quoi!). Un tournage de film porno, c’est comme une réunion, et la pause le/la mec/meuf débande (ou pas, du coup), va boire un café avec l’équipe de tournage, il/elle se fume une petite clope, et puis après la pause tous reprennent le tournage et on en parle plus.

Donc si on accorde que le corps est un outil de travail (tout comme il peut l’être pour le sport professionnel), aucun tabou ni aucune censure ne devrait être installé.

César

(image libre de droit sur flickr.com)

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