A chacun sa fête !

Free-party, rave-party, teuf, tawa… tant de noms pour désigner ce milieu festif très mal connu et surtout très pointé du doigt par la société. Qu’est ce que c’est ?

En gros, ce sont des collectifs d’amateurs plus ou moins connus (sound system) qui « posent » du son dans des lieux désaffectés comme des champs, des usines ou des entrepôts abandonnés. Le plus loin possible de la civilisation. Elles sont le plus souvent gratuites, libre aux teufeurs de laisser une petite donation pour le sound system à l’entrée (que ce soit de 50 centimes à 15 euros) mais parfois un « paf » est demandé (de 1 à 8 euros environ), ce qui reste globalement moins cher qu’une boîte de nuit. Pour savoir où se trouve la teuf, il faut avoir les infos par SMS et donc les bons contacts ! L’info tombe souvent tard, vers 23h. Parfois, la teuf est « légale » : le sound system a demandé la permission de s’installer au propriétaire du lieu. Dans ce cas, les administrations et la police locale sont prévenues. Parfois, elle ne l’est pas car le sound system ne prévient pas. Ce qui, dans le dernier cas, pose parfois problème aux riverains et surtout offre une bonne occasion à la presse de dénoncer ces fêtes comme des rassemblements diaboliques…

Un mouvement musical

Le mouvement techno est apparu dans les années 80 en Angleterre, puis dans le reste de l’Europe dans les années 90. Les boîtes de nuit fermaient à 2h du matin, ce qui était tôt pour certains jeunes qui voulaient continuer à faire la fête. C’est à ce moment de la nuit que les sound system posaient leur son  en installant une sono, un « mur » de son qui est en fait une façade composée d’énormes enceintes et de « caissons » en bois pour faire résonner les basses. Ainsi la fête continuait jusqu’au lendemain matin. La techno était à son apogée en Bretagne 6 mois après la première « Rave O Transe » légale à Rennes en 1992. Aujourd’hui encore la Bretagne est la région comportant le plus de sounds sytem de France, avec 2 ou 3 teufs tous les week-ends.

Les gens ne comprennent pas cette musique car elle sort complétement de ce qui a été vu auparavant : pas de scène, pas d’auteur, pas de salle, pas de chanteur. Peut-être parce que ce style a été mal expliqué. C’est avant tout une musique pour danser, se défouler, se « libérer ». Il n’y a pas de communication entre les raveurs. C’est bien au-dessus des mots car ce sont les corps qui parlent, qui se frôlent et dansent au même rythme. Cela crée une énergie générale qui booste énormément et qui donne le sentiment d’être soudés les uns avec les autres. La techno est appréciée dans les territoires en crise. Le genre est apparu lors de la Guerre Froide, et vit pleinement aujourd’hui dans notre société oppressante.

Les jeunes ont besoin de se mettre en transe pour se libérer de leurs peurs.

Les teufs sont devenues beaucoup plus radicales et alternatives dans les années 2000.

Les drogues …

Qu’en est-il de la drogue  et de l’alcool ? Bien sûr, la drogue est présente, comme dans toutes les boîtes de nuits, bars, festivals et autre lieux festifs. Seulement, en free, la drogue est complètement assumée, on ne la cache pas et elle passe de mains en mains de manière totalement normale contrairement aux autres milieux où elle est beaucoup plus « cachée », beaucoup plus discrète. C’est pour ça qu’on a tendance à l’oublier et à penser que les boîtes de nuit sont beaucoup moins dangereuses. De mon point de vue, cette manière de la faire disparaître est beaucoup plus malsaine.
C’est malheureusement pour ça que les raves-party ont obtenu cette image de « drogue-party ». Les médias anglais ne se privaient pas d’attaquer ce milieu en utilisant ce point là, ils ont créé une paranoïa autour de ces « drogues-party » : « c’est une musique de drogués », voilà la seule image , fausse, qu’ils ont renvoyée au public. Cette image est toujours aussi présente dans l’esprit des personnes qui ne connaissent pas ce milieu. Ils sont passés à côté, à côté d’un réel mouvement qui est maintenant ancré dans la culture européenne pour un bon petit moment, une culture appréciée par énormément de jeunes mais aussi de moins jeunes, « les anciens » comme on dit.

Un vrai genre musical

Enfin, nous parlons de techno depuis tout à l’heure mais c’est un faible mot ! Il y a une multitude de genre de « tek » : les deux grandes familles, pour généraliser, sont le hardcore (hardtek, hardtechno, hardstyle , acidcore, gabber, speedcore…) et la transe (psytrance, hardtrance, minimal..). On a également de la tribe, de la mental, de la tek, ou de l’électro hard qu’on ne peut pas vraiment classer. Il en existe beaucoup d’autres, plus ou moins faciles à reconnaître… Les teufs sont parfois exclusivement hardcore, parfois exclusivement transe et la plupart du temps, elles proposent une line-up (un programme) mixte. Les différentes genres de teufs selon la musique ne ramènent pas le même public. Il y a les raveurs plutôt coreux (qui aiment le hardcore) et les tranceux (qui aiment la transe) mais il y a aussi ceux qui aiment de tout ! Si vous êtes curieux de découvrir le « son de teuf » je vous propose quelques titres de différents genres que vous pouvez écouter sur une plateforme telle que youtube. Faites la fête raisonnablement et rave on.

Spasmatik – Avid Acid / Mr.Gasmack – Womb Fever (Acidcore)

Psy’koZ – Adrenaline Junkie / Micratek – Frakass Da Bass (Hardtek-Hardtechno)

Vortek’s – Among The Sleep / Nandiak – Mental Kore (Tribe-Mental)

RiDDeN – Plants & Mammals / Vini Vici – Namaste (Trance)

Camille

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