À la recherche du manga perdu

Ces temps-ci, de plus en plus de célèbres mangas prennent fin, faute d’idées des auteurs pour ressusciter un énième personnage (aka, Fairy Tail et Naruto), ces mangas sont les premiers que j’ai lus. Ils ont donc une grande valeur sentimentale. Mais tout le monde le sait, « Le changement, c’est maintenant », nous voilà donc à la recherche de nouvelles histoires qui nous feront rêver… Et quand on regarde la masse de mangas édités en France, la tâche est difficile ! Parmi ces centaines de titres, certains sortent clairement du lot, c’est le cas de l’un d’entre eux qui fête ses 10 ans cette année. Je vais vous parler de cette pépite !

Un jour un ami m’a conseillé un manga intitulé Oyasumi PunPun (Bonne nuit Punpun) d’Inio Asano. Après avoir lu les 13 tomes en 5 jours je me suis sentie « changée », c’est à dire qu’une réelle puissance se dégage de cette histoire. Il y a , dans ce livre, un côté décalé qui peut gêner certains lecteurs. En effet notre Punpun , qui à l’apparence d’un poussin caricaturé, vadrouille dans un décor réaliste suivi d’un Dieu avec des lunettes et une coupe afro. Les autres personnage, eux, le voient comme un petit garçon normal, cette apparence simpliste nous permet de mieux nous identifier à lui.

Tout au long des tomes, les dessins sont précis et d’une incroyable richesse. Au fil de l’histoire, Punpun prendra différentes formes qui schématiseront ses états d’esprit. De plus, il ne « parle » pas, aucune bulle ne sort de la bouche de Punpun, seulement une sorte de « voix off », de narrateur, qui dit « dit Punpun » ou « interrogea Punpun ». Asano Inio mêle absurdité et réalisme avec beaucoup de finesse et de subtilité, le contraste est frappant. Tous les personnages d’Oyasumi Punpun sont humains, on ne les comprend pas toujours, on n’arrive pas à se mettre à leur place, on ne s’y identifie pas : on les observe, exactement comme dans notre quotidien. En ce sens, c’est ce qui fait que cette histoire est aussi particulière, c’est là tout le réalisme de l’œuvre. Certains pourront reprocher sans doute une vision trop pessimiste de la vie, des histoires bien trop mélodramatiques, beaucoup trop de pathos… Mais au final, n’est-ce pas ce qu’on croise dans la vie ?

Aucun des événements d’Oyasumi Punpun n’est invraisemblable. Asano n’a pas pris le parti de montrer des événements tristes « parce qu’ils sont tristes », il les narre parce qu’ils existent, parce qu’ils sont là, même s’ils ne sont pas forcément dans la vie de tout le monde. Ici, il s’agit de violence familiale, de cancer, de mort accidentelle et évidemment de quête d’identité. Le but d’Oyasumi Punpun n’est pas d’émouvoir, c’est plutôt une œuvre qui invite à la réflexion. À mieux observer. Mais aussi à agir. Ce n’est pas une sob-story comme on en voit beaucoup, et pourtant, je me dois de l’admettre : malgré le fait que ce ne soit pas son but premier, Oyasumi Punpun m’a bien plus touché que la plupart des œuvres qui visent spécifiquement à le faire.

Je me sentais vide à la fin de certains chapitres. Je refermais toujours chaque tome avec un goût âpre dans la bouche. Je ne pense pas pouvoir en dire autant pour beaucoup d’histoires.

Indiana Koopa (texte et photographies)

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