Archives mensuelles : novembre 2018

Avez-vous déjà vu ?…

Un S dépressif…

Nous passerons tous le baccalauréat à la fin de l’année, l’angoisse est déjà présente au sein des terminales, cela peut se ressentir à travers l’atmosphère morose qui flotte dans les longs couloirs du lycée. Nous parlons souvent des L et de la philo, des ES et de l’économie mais qu’en est-il des S ? Nous nous questionnons tous sur leur situation actuelle. En effet, ils se sont retrouvés là et personne ne les a prévenus qu’ils seraient au fond du gouffre au bout du deuxième jour… Petite remarque au passage : S comme suicide, S comme Satan, S comme Sacrifice.

Effectivement, sacrifice : recevoir un DM et finir un chapitre de mathématique le jour de la rentrée obligent les élèves de S à réorganiser leur planning et à, définitivement, ne plus avoir de vie sociale. Leur vie ! Parlons-en !

C’est très simple, par une définition claire et courte, nous allons vous expliquer : manger, compter le nombre de pâtes et calculer le vecteur assiette-bouche, débattre sur la question 2a du dernier devoir de maths, se questionner sur l’éventuelle formation de micro-organismes dans le pain du lycée et pourquoi pas envisager une petite douche.

La pression qui repose sur eux finira un jour par les achever et définitivement faire disparaître cette espèce de la surface du globe, ils vont tous finir par aller en L, EN L !!!

Depuis peu, nous avons remarqué que les S développaient un comportement spécial. Par chance, l’odeur nauséabonde, l’odeur de seum qu’ils dégagent nous a permis d’en repérer un, d’en observer un et mieux encore, de capturer l’un de ces animaux sauvages.

Philibert, en Te S, nous dévoile un témoignage sanglant… Philibert ?…Philibeeert ?

Ah mais non ! Il n’a pas le temps.

Lil & Math

(image libre de droit sur flickr.com)

Thérapie Taxi, le désenchantement

En 2012, la voix d’Adélaïde rencontre celle de Raphaël, rejointe bientôt par la guitare de Félix et la batterie de Renaud. Ensemble, ils créent une œuvre se voulant transgressive et provocante, mélange de rap, de rock et d’électro pop : ainsi naît Thérapie Taxi. En s’associant au grand Roméo Elvis ils connaissent un succès fulgurant et atteignent rapidement le haut du classement des Hits de l’été 2017. Depuis, Thérapie Taxi est partout dans les médias, chaque jour j’entends vanter les mérites de ce groupe trop trop cool qu’il faut absolument écouter. Quel beau conte de fée on m’a vendu là. J’ai évidemment fini par craquer et cliquer sur Salop(e) qui apparaissait encore une fois dans mes suggestions youtube. 

« Oui mon rêve ma chérie, c’est de me perdre dans tes yeux bleus.
D’être en vie, d’être amoureux,
De s’en aller un peu.

Alors va te faire enculer, va bien te faire enculer, salope
Oui, va te faire enculer, va bien te faire enculer, connard
Alors va te faire enculer, va bien te faire enculer, salope
Oui, va te faire enculer, va bien te faire enculer, connard
Dans les chiottes sur internet, dans une grotte sur la planète,
Dans une fête, sans ta culotte on te baise.
Dans un champ, avec un jean fait salement,
Au fond des lignes soutif blanc, sans aucun style on te baise.
Sur un canap’ avec brio sans une sap’ comme un salop,
En trio que ça décape, on te baise.
Dans les plaines avec finesse, dans l’ivresse à bout d’haleine,
Dans une caisse sale, là, on mène, on te baise. »

Les insultes, entrecoupées de passages mielleux et franchement prévisibles, chantées à l’encontre de des exs de la petite bande de bobos parisiens heurtent mes oreilles. Quelle triste désillusion. J’ai essayé de m’y intéresser, de comprendre comment ceux qui m’entourent arrivent à entendre un univers musical original, une « vision lucide de notre société et de ses problématiques ». Notre génération n’aurait-elle donc comme intérêts que le sexe, l’amour et la défonce ? Ce qui se voulait être l’avenir de la chanson française moderne, se retrouve n’être qu’un copie éco+ de ce qu’ont pu faire précédemment Fauve, La Femme, Grand Blanc ou Vendredi Sur Mer. Si on met de côté les clichés véhiculés en nombre, le regard presque malsain porté sur les relations amoureuses et le corps de la femme (J’en suis presque mal à l’aise dans ce dernier couplet. Toute cette haine se veut drôle, plot twist : ça ne l’est pas.) Et bien, même en oubliant tout ça, les paroles restent tristement vides et simplistes. J’ai définitivement loupé le coche et reste dubitative face à toute la hype que connaît le groupe.

Comme le montre cette soirée au festival, les Indisciplinées (le 03 novembre dernier), ils ont au moins le mérite d’avoir conquis le cœur du public, très réactif à l’énergie du groupe en live (qui en déploie parfois même trop, la tradition du lancer de bouteilles d’alcool dans la foule a valu un départ précipité et un beau bleu à l’œil d’une amie). Les cris de loups résonnent sûrement encore dans la salle. Nos rires d’incompréhension aussi.

Koup

(image en Une : détail du visuel de l’album / photo du live : Koup)

Polyamour : Géraldine OU John, Géraldine ET John

Étude de cas : Martin est en couple avec John. Martin a eu une aventure avec Géraldine, mais n’a rien dit à John. Martin a donc trompé John. Martin est en couple avec John. Martin a rencontré Géraldine en soirée. Le lendemain, Martin dit à John : « Chéri, j’ai rencontré une bien belle beauté hier, puis-je la choper ? » John acquiesçe, alors Martin chope allègrement Géraldine. Donc Martin n’a pas trompé John. Martin est polyamoureux.
Mais qu’est-ce donc que le polyamour mon cher Jean-Albert ?

Afin de comprendre les à-priori bien installés dans vos têtes d’aimables lecteurs, nous avons interrogé quelques personnes du lycée, personnel et élèves (au demeurant très bienveillants), sur ce qu’est le polyamour pour eux, et nous avons été confrontés, sans surprise, à quelques clichés (on notera en passant l’hétéro-normativité générale, le polyamour c’est pas un homme qui aime plusieurs femmes ou l’inverse, c’est des humains qui s’aiment ♥).

– Tout d’abord un point CAPITAL, le polyamour n’est PAS la même chose que la polygamie (car -gamie vient du mot grec gamos qui signifie mariage donc à partir du moment où ça n’en est pas un tu peux direct remballer ton argument, merci.)
– Ce n’est pas NON PLUS un couple libertin, puisque le couple libertin n’implique pas la fidélité à son.sa partenaire, donc un couple libertin c’est juste papa et maman, sauf que maman a le droit d’aller voir le voisin, et papa peut aller voir le caissier.
– Bien que nous remercions celles et ceux qui s’inquiètent pour la santé des polyamoureux, le polyamour n’est pas plus source d’IST qu’un couple mono. Alors à moins qu’un nouveau couple de polyamoureux s’amuse avec 32 personnes et une capote par semaine, tout va bien, le latex est notre ami !
– En ce qui concerne les partouzes et orgies : mais tu n’as rien compris au film Jean-Albert ! Puisqu’on te dit qu’ils ne sont pas en couple tous ensemble et tous en même temps, mais une personne avec plusieurs qui peuvent être avec plusieurs ! C’est pas compliqué nom d’une pipe en terre !
– Et non, le polyamour n’est pas une forme d’amour malsaine, ni un problème de limite entre l’amour et l’amitié, ce n’est pas le trouble des éternels insatisfaits et ta gueule Freud ça ne vient pas non plus de la mère !

Bien sûr, toutes ces incompréhensions se justifient par l’image que les médias nous renvoient du couple, un homme infidèle et une femme jalouse. Mais sachez, Mesdames, Messieurs et Mesautres, que votre petit confort jamais ne sera atteint par la vie amoureuse d’autrui, et si un jour vous prenez peur, rappelez vous que ce n’est pas parce qu’autour de vous certains se mettent à assumer leur polyamour que votre conjoint.e va vous tromper en prétextant le polyamour, ce qui bien sûr vous forcerait à l’accepter par soucis d’ouverture d’esprit… NOOOOOOON ! Aller voir à droite et à gauche, comme tout un chacun aime le dire, sans le consentement de son.sa.ses partenaire(s), reste une infidélité.

Alors calme toi, bois de l’eau, mets un plaid sur tes petits pieds, prends un morceau de chocolat et pense à une plage tranquille : personne ne va venir perturber ta petite tranquillité, chacun ses pratiques chez soi et les moutons seront biens gardés.

Et pour tous ceux qui pensent encore que c’est  »bizarre-hyper-chelou »,  »pas possible » ou  »de la merde », voici le témoignage d’un.e polyamoureux.se (qui restera anonyme) :

 »Je suis en couple avec deux personnes (dont une est aussi polyamoureuse), ils ne se connaissent pas mais sont d’accord et ça se passe très bien. Je n’ai pas de préférence, c’est juste que chaque histoire est différente et j’aime sincèrement ces deux personnes.

Si une personne (polyamoureuse) par qui je suis est attiré.e est, à son tour, attiré.e par quelqu’un autre, je ne vais pas être jaloux.se, au contraire, je sais qu’elle m’aime et si elle est heureuse je le suis aussi. Pour autant je n’apprécierais pas qu’elle me trompe, surtout pas sous le couvert de l’argument  »t’es polyamoureux.se, ça devrait pas te déranger ». De même c’est pas parce que quelqu’un est polyamoureux.se qu’il va accepter les plans culs à droite à gauche. On est fidèles, à plusieurs personnes certes, mais ça reste de la fidélité, on ne leur ment pas. Pour moi la communication c’est vraiment le plus important dans ce type de relation (d’ailleurs les gens communiquent plus et sont plus fidèles dans une relation poly, j’dis ça, j’dis rien). Quand on est polyamoureux.se et attiré.e par deux genre ou plus (être bi, pan…) comme c’est mon cas, c’est un peu plus difficile de l’accepter et surtout de l’afficher, car on a l’impression de renforcer le cliché de  »les personnes bi/pan savent juste pas choisir entre les deux ».
J’ai quand même bon espoir pour que la société accepte complètement le polyamour, et, globalement, laisse les gens aimer qui iels veulent comme iels veulent (dans le cadre de la loi bien sûr). »

Enfin, même si vous n’êtes pas convaincu, rappelez-vous qu’on ne vous demande pas de comprendre (même si c’est sympa de faire un effort), mais juste de respecter.
Merci, bisous et amour (pluriel).

Paul-K et Supercalifragili (dessins de Teïla)