Archives mensuelles : avril 2019

le bac en vrac, ma tête qui pète

Alors que le gouvernement tente tant bien que mal de réformer le brevet, puis le bac, puis l’accès aux études supérieures, nous, jeunes saucisses lorientaises, nous sommes demandé si nous étions seuls sur Terre à détester le système. Et quel meilleur endroit qu’un regroupement de presse jeune pour répondre à nos questions? Et surprise… Nous ne sommes pas seuls mais nous ne faisons pas l’unanimité non plus !

Sur la réforme du baccalauréat, les avis sont assez homogènes, « c’est de la merde », et c’est assez clair. « Les spécialités ne sont pas disponibles dans tous les lycées », ce qui fait que tous les problèmes d’élitisme que cette réforme était censée unifier en supprimant les filières sont plus importants puisque chaque lycée propose un bac avec des options différentes. Autre chose qui fait beaucoup parler dans cette réforme, et, réponses à l’appui, personne n’a d’avis défini : c’est bien, mais encore une fois, le niveau au cours de l’année varie selon les établissements.

Mais pour proposer une réforme, nos jeunes journalistes ne sont pas tous d’accord : certains maintiennent que le système était mieux avant les réformes, mais d’autres ont un programme qui passerait aux élections (si si). Revoir la formation des professeurs ou s’inspirer des modèles d’autres pays, sans compter qu’il faudrait mieux informer les élèves.

Alors oui, à première vue, l’idée paraît chouette : un nouveau bac tout bien repensé et réadapté. La réalité c’est que c’est du bullshit, et pas n’importe lequel : il nous vient tout droit des USA dont le nouveau modèle français s’inspire. En gros, plus d’ensemble « classe », mais des choix de matières majeures et mineures à la sauce de chacun. « Ouimé ducou on peu choisir » NON. Enfin si, mais après c’est fichu. Déjà parce que chacun va être coincé dans les seuls enseignements qu’il/elle aura sélectionnés, ce qui veut dire une limitation de la culture, et puis il faut y voir l’optimisation maximale du gouvernement qui ne va créer que des classes à 35. Des conditions parfaites d’apprentissage, non ?

La disparition des groupes classe signifie aussi l’individualisation des étudiants. Bien ou pas, on peut se poser la question mais dans tous les cas c’est pas ce qu’il y a de mieux pour avoir des repères.

C’est donc un bilan très mitigé que nous dressons à la Gazette Saucisse. Nous aurions préféré augmenter le nombre d’heures de cours pour pouvoir proposer des ateliers barbecue, idéal pour renforcer l’esprit de groupe.

Réussite scolaire GARANTIE !

Paul-k et I-san

(image libre de roit sur flickr.com)

Un symbole contre l’extinction

Vous avez sûrement déjà observé cet étrange symbole que l’on voit se multiplier dans les marches pour le climat. Mais que signifie au juste ce sablier entouré d’un cercle ? D’où vient-il ? Explications…

Ce symbole est présent partout dans le monde que ce soit en Nouvelle-Zélande, au Ghana, en Pologne, à Hong-Kong, à Paris ou encore à Londres. Inscrit sur des drapeaux ou des pancartes, c’est un symbole fort et omniprésent. D’après le Guardian (célèbre journal britannique), il est de plus en plus souvent représenté dans le monde de l’art et du tatouage. Le journal va même jusqu’à le comparer au symbole de la paix, initialement créé pour protester contre l’armement nucléaire en 1958. Mais que signifie-t-il réellement ?

Ses partisans l’appellent le «  symbole de l’extinction » (ou extinction symbol en anglais) : il représente le mouvement de masse contre la dégradation du climat et la destruction du monde naturel. Facilement représentable, il est composé d’un cercle symbolisant la planète Terre tandis que le sablier à l’intérieur sert d’avertissement : le temps s’épuise rapidement pour de nombreuses espèces. On peut aussi y voir un X pour «  extinction ».

Ce symbole est donc destiné à sensibiliser l’opinion publique à la nécessité urgente d’un changement afin de faire face à cette crise. Vous le savez, les chiffres sont alarmants : on estime qu’entre 30 000 et 140 000 espèces disparaissent chaque année dans ce que les scientifiques ont appelé l’Holocène (ou sixième extinction massive).

Ce processus continu de destruction est causé par l’impact de l’activité humaine. Au cours des prochaines décennies, environs 50% de toutes les espèces qui existent aujourd’hui auront disparu ! Une telle perte catastrophique de biodiversité risque fort de provoquer un effondrement généralisé des écosystèmes et par conséquent, de rendre inhabitable la Terre pour l’Homme.

D’où vient ce symbole ? Il faut savoir que ses origines sont antérieures au mouvement « Extinction Rébellion» (mouvement écologiste basé à Londres) qui l’a repris pour symboliser un phénomène mondial. Son auteur est un artiste anonyme basé dans l’est londonien. On le connaît cependant avec le pseudonyme : Goldfrog ESP. Pour lui, sa création est un projet anticonsumériste (contre la consommation de masse). Ainsi, les activistes d’Extinction Rébellion ont érigé des «  stations artistiques » au cœur des lieux de blocage ou ils proposent d’imprimer le logo sur des objets déjà existants. Mais, dans une récente interview accordée au site « Ecohustler », Goldfrog ESP a accepté de raconter comment l’idée du symbole lui est venue :

«  Dans les années 1990, je me suis rendu sur l’île du Sumatra pour visiter et j’ai finalement assisté à un désastre, celui de la déforestation. J’ai parcouru des kilomètres à travers un paysage dévasté de souches d’arbres noircies qui s’étendaient jusqu’à l’horizon. C’était horrible. A mon retour, j’ai décidé de m’impliquer dans plusieurs mouvements […], j’ai commencé à utiliser l’art pour protester contre la disparition des espèces. Mais cela ne me semblait pas être un travail suffisant par rapport à l’ampleur du problème. J’ai progressivement réalisé que la crise était si importante que je ne pouvais pas le faire seul, et qu’il me fallait donc quelque chose d’universel et de simple, facile à reproduire. Début 2011, je dessinais des motifs au hasard et dès que j’ai dessiné celui-ci, j’ai su que c’était le bon. »

Ce symbole est donc la création d’un artiste engagé. Il a été récupéré tout récemment par le mouvement Extinction Rébellion qui a vu le jour en 2018 à Londres.

Ce mouvement appelle à la désobéissance civile non violente contre l’inaction climatique.

Il compterait plus d’un million de membres à l’international, dont 2000 membres en France. On n’a pas fini de le voir… Suffira-t-il à sauver la planète ? L’avenir nous le dira.

Swann (texte et dessin)

 »Je m’identifie comme un hélicoptère de combat » et autres conneries

La transphobie tue (ouais cet article commence bien). C’est un peu le même message que sur les paquets de cigarettes sauf qu’il faudrait l’afficher sur certaines personnes pour éviter une écoute excessive de leur idées moisies. Quelle meilleure occasion que ce mois de Juin, mois des fiertés, pour défoncer (verbalement) les transphobes ! Mais là, comme j’écris cet article, j’ai un doute. Finalement, c’est assez stupide de répondre à la violence par la violence (même verbale, et pourtant, que le nombre d’attitudes qui entraînent des jets de vomi est conséquent !).

Ouais non, définitivement, je pense que ça sera mieux de communiquer des faits, d’expliquer la transphobie, de donner les clés pour l’éviter et comprendre la transidentité. Plus soft.

Attention, l’article qui va suivre contient BEAUCOUP de vocabulaire encore assez inconnu (invisibilisation tmtc) et peut potentiellement engendrer une remise en question (ça serait même pas mal). Pas d’inquiétude, aucun des deux n’est létal, buvez un verre d’eau et tout ira bien.

Qu’est-ce que la transphobie ?

Très simplement, la transphobie désigne toutes marques de rejet et de violence à l’encontre des personnes trans. La transphobie peut apparaître sous la forme de rejet familial, harcèlement scolaire, transphobie administrative et/ou médicale, mégenrage, outing ou deadnaming (alors oui, ça commence déjà les mots nébuleux mais comme je l’ai dit, t’inquiète, je t’explique après), sans parler de la transphobie intériorisée.

Des faits concrets ?

En 2015, dans leur ouvrage Sociologie de la transphobie, les sociologues Arnaud Alessandrin et Karine Espineira estimaient que pas moins de 85 % des personnes trans seront agressées au cours de leur vie, et pour beaucoup ce sont des insultes, remarques, moqueries voire agressions quasi-quotidiennes. Selon le Ministère de la Justice, en 2016 (dernières données complètes disponibles), 86 condamnations ont été prononcées pour des infractions commises en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre, contre 54 l’année précédente. Depuis janvier 2008, l’ONG Transgender Europe, qui recense les homicides de personnes trans à partir des données recueillies par les associations trans dans 71 pays, compte même 2609 victimes, en grande majorité des femmes racisées, immigrées et travailleuses du sexe (je vous parlerai d’intersectionnalité un jour).

Donc la transphobie c’est loin d’être inoffensif. Ou de ne pas exister comme certains se l’imaginent (on y reviendra). S’y ajoute le fait qu’il peut être difficile d’en parler, de porter plainte pour les victimes, par peur. Peur d’être outé.e (sorti.e du placard contre son gré), peur de l’irrespect, de questions intrusives, peur de la culpabilisation, peur de la négation de leur identité.

Comment donc être respectueux envers les personnes trans et éviter d’être un.e gros.se connard.sse de transphobe, me direz-vous ?

Premièrement, parlons vocabulaire.

D’abord, qu’est-ce que le genre (vous avez deux heures) ?

Faisons simple et disons que le genre est une catégorisation sociale de l’identité. Ça n’a rien à voir avec le sexe, qui est biologique (ce qui ne veut pas dire que c’est binaire ou clairement compris). Dans la société actuelle, cette catégorisation est essentiellement hiérarchisée entre masculin et féminin. Cependant, il existe d’autres identités de genre, qu’on peut regrouper sous les termes non-binaire/genderqueer/gender non-conforming, et qui désignent des identités ne rentrant pas dans cette catégorisation (qui peuvent donc être fluide, agenre, bigenre, neutre, d’un genre différent…etc).

Une personne transgenre, binaire ou pas, est une personne dont le genre ne correspond pas à celui qui lui a été assigné à la naissance (par opposition à une personne cisgenre, dont l’identité de genre correspond à son genre assigné). Point. Notez que « transgenre» ou « trans » sont des adjectifs, on dit « une personne trans » et pas « un.e trans ».

De plus, il est assez maladroit et surtout irrespectueux de désigner une personne transgenre dans son genre assigné, cela s’appelle le mégenrage (la première personne qui dit  »un homme qui se sent femme » ou  »une femme qui se sent homme » je lui vomis dessus et je – ah non c’est vrai on a dit pas de violence). Ça se traduit par le fait de se tromper volontairement, ou involontairement, de genre lorsqu’on s’adresse à une personne, dans l’emploi des pronoms, de l’accord des adjectifs. C’est aussi estimer l’identité de genre d’une personne selon son apparence et se tromper (notez que ça peut aussi arriver à une personne cis, mais ça n’a pas le même effet), ou encore en s’adressant à une personne trans avec son deadname (ou morinom, si tu veux françiser), l’ancien prénom ou prénom abandonné d’une personne, qui ne s’utilise plus. Tant qu’a faire, évitez les questions intrusives du genre  »Mais du coup t’as un pénis ? T’as fait une opération ? ». Je dois avouer que cette obsession pour les parties génitales m’interroge. Non seulement c’est étrange (vous ne poseriez pas cette question à une personne cis), mais en plus c’est très impoli et qu’est-ce que ça peut vous foutre honnêtement ? Ça peut vous importer si vous êtes proche de la personne (et encore) mais sinon… Non, juste non.

Tout cela n’est pas bienvenu car, en plus d’être malpoli, cela peut provoquer de la dysphorie (précisons  »de genre » car il en existe d’autres qui ne concernent pas ce sujet), la détresse physique et mentale de certaines personnes trans face à un sentiment d’inadéquation entre son assignation et son identité de genre.

Ensuite, veillez à ne pas confondre orientation sexuelle (vraiment, ça n’a strictement rien à voir), identité de genre et expression de genre : l’un est l’expression et la revendication de l’appartenance à un genre, et l’autre la manière dont on exprime son genre par son apparence, gestuelle ou autre forme d’expression. Cela se base sur l’autodéfinition et se doit d’être respecté.

Il faut bien faire la différence entre la transphobie disons « assumée », c’est à dire une haine ou un rejet clair envers les personnes trans, et la transphobie banalisée, et par conséquent ne pas monter sur ses grands chevaux et protester à grands cris que mais-non-j’ai-rien-contre-les-personnes-trans-moi dès que quelqu’un vous fait remarquer qu’un de vos propos peut être transphobe.

La plupart du temps les gens n’ont sincèrement rien contre les personnes trans, mais ne sont juste pas au fait, et l’ignorance entraîne des maladresses, et c’est normal. La transphobie banalisée, ça se cache sous forme d »’humour », ou simplement de mots.

Pour prendre un exemple courant : le mot « transsexuel ». Il faut savoir que la transidentité a longtemps été considérée comme une pathologie, et le mot « transsexuel » utilisé pour médicaliser les personnes trans. C’est un mot qui a un passé, qui n’est pas à prendre à la légère étant donné qu’il peut heurter certaines personnes.

Là encore, vous n’irez pas en prison si vous l’utilisez (certaines personnes trans l’utilisent même) mais il est préférable d’utiliser le terme « transgenre ».

Mais maintenant qu’on connaît le quoi et le comment, qu’en est-il du pourquoi ?

Essayons de comprendre, brièvement car c’est un sujet BIEN VASTE, et qui mérite d’être beaucoup plus développé que ce que je peux faire ici avant de vous saouler et que vous tourniez la page pour lire un article un peu plus marrant, comment fonctionne la transphobie.

Je vais m’appuyer (largement) sur la vidéo Transphobia : An Analysis de Philosophy Tube car elle est merveilleusement claire et bien faite, en plus de renvoyer à de nombreuses ressources pour approfondir le sujet (hop hop hop c’était la référence discrète, maintenant vous savez où allez si vous voulez des précisions).

Imagine ton oncle Roger. Roger est toujours politiquement correct, il essaye d’être accommodant avec tout le monde. Il est relativement privilégié. Il y a une vingtaine d’années, ton oncle Roger, s’il est hétéro, aurait dit quelque chose de  »légèrement » homophobe, du type:

 »Ah mais j’ai pas de problème avec les homos, du moment qu’ils font ça loin de moi ça ne me dérange pas. »

Depuis, ton oncle Roger a compris que ce genre de chose ne se disait pas et a changé pour le mieux.

Maintenant, ton oncle Roger dirait quelque chose du genre :

 »Si les gens veulent utiliser tel pronom, porter les vêtements qu’ils veulent ou changer leur nom ça ne me dérange pas, les gens devraient pouvoir faire ce qu’ils veulent. »Et on voit bien que, comme dans le cas précédent, si ton oncle Roger n’est agressif en aucune façon, ça reste un propos transphobe. Pourquoi ?

Selon Talia Bettcher, autrice et philosophe, le cœur de l’homophobie, la biphobie, et par conséquent la transphobie, car ça marche de la même manière, comme n’importe quelle oppression d’une minorité, est l’hétéronormativité et donc ici la cisnormativité, à savoir que le préjugé culturel ou social, implicite, selon lequel tout le monde est cisgenre, et qui privilégie par conséquent les identités cisgenres et néglige, ou sous-représente, les divergences de genre, est omniprésent. Par conséquent, ici, même si ton oncle Roger a évolué, cette idée est toujours ancrée en lui.

Toujours selon Bettcher, cela s’explique par le scepticisme métaphysique (non, non, ne tournez pas la page, je promets que c’est pas chiant!). Une personne transphobe entretient la fausse croyance que les personnes trans n’existent pas vraiment en tant que personnes trans, mais sont vraiment le genre qu’iels ont été assigné.e.s à la naissance, car elle se base sur ce mode de pensée (que cela soit conscient ou inconscient). La métaphysique en philosophie, c’est réfléchir à ce qui existe. Un sceptique aujourd’hui, est quelqu’un qui doute de tout ce qui n’est pas prouvé d’une manière évidente, incontestable, mais en Grèce Antique, un courant de pensée, le pyrrhonisme, prône un scepticisme différent : son but n’est pas de définir qui a raison et qui a tort, mais de suspendre le jugement indéfiniment, comme un enfant qui répète à l’infini  »Comment tu sais ça ? Et comment tu sais ça…etc ».

Cela justifie, aux yeux des transphobes, la négation de l’existence des personnes trans, et qu’en conséquence de quoi, la transphobie n’existe pas non plus (d’ailleurs d’après mon correcteur orthographique le mot  »transphobe » n’existe pas, si c’est pas cocasse). Ainsi, les personnes trans se retrouvent à devoir justifier leur existence face à ces constants  »Comment tu le sais ? » et dans le cas d’un échec s’exposent à des violences, qui vont jusqu’à la mort.

Le scepticisme métaphysique est également la cause de l’existence des TERFs, Trans Exclusionary Radical Feminists (j’ai vomi dans ma bouche), qui soutiennent que l’existence de personnes trans effacerait les identités lesbiennes et gays, car un homme pourrait posséder un vagin et une femme posséder un pénis, refusant le FAIT que certains hommes possèdent des vagins et certaines femmes possèdent des pénis, car en l’occurrence elles se concentrent sur la question  »Mais comment sait-on qui est une lesbienne ? » (chacun ses problèmes écoutez). De même, un argument transphobe communément utilisé,  »C’est pas parce qu’on dit qu’on est quelque chose qu’on l’est vraiment » (dont sont issus les hilarants memes à propos d’hélicoptères de combat), se repose sur la même réflexion pour attaquer le performativisme, le concept selon lequel certaines déclarations constituent à la fois des paroles et des actes (par exemple, dire  »Je le veux » à un mariage). D’après la philosophe Judith Butler, le genre pourrait fonctionner de la même façon (je vous laisse faire des recherches sur son travail si vous êtes intéressés, cet article est déjà beaucoup trop long). Cependant, ce que les transphobes ne prennent pas en compte est que toutes les personnes trans ne sont pas d’accord avec cette théorie.

Mais le fait est que les personnes trans n’ont pas besoin d’être d’accord là-dessus pour pouvoir être considérées, avoir accès à une protection légale contre la transphobie, avoir accès aux soins dont elles ont besoin… C’est ce que les transphobes font : en remettant en question leur existence, iels remettent en question leur accès à des droits humains basiques, à la dignité et au respect.

Car c’est ça le fond du problème, peut-être avant le scepticisme métaphysique ou respecter les pronoms. Le Respect.

Si toute cette explication donne peut-être une vision un peu intellectuelle des transphobes, leurs paroles et actes sont loin d’être si délicats et académiques et certainement pas justifiés (si tu vois pas de quoi je parle, reprends l’article au début).

J’ai bien conscience que cela peut constituer une grosse remise en question, mais à mon sens c’est important, parce ça n’est pas une question de  »bien-pensance » (vous pensez bien ce que vous voulez), mais simplement de respect. C’est simple, basique, comme dirait l’autre, mais il y a encore beaucoup de chemin à faire alors instruisez-vous (parce que cet article déjà bien long ne fait que survoler certains aspects de la question), écoutez les personnes concernées et youpla-boum respectez le personnes trans comme vous respectez n’importe quelle autre personne.

Oh, et promenez-vous toujours avec un sac à vomi, ça sert.

Supercalifragili (texte et dessin)

On se sort le crayon du…

Il m’arrive souvent de plaisanter en disant qu’avec mon futur bac L et mes futures études d’art je finirai probablement sous un pont. Une blague peut-être un peu douteuse, ça se discute. En revanche elle devient encore moins drôle quand ça devient une de mes perspectives d’avenir les plus probables.

Le gouvernement prépare une très importante réforme qui vise à remplacer les 42 régimes de retraite actuels par un système universel (chaque euro cotisé donnera des droits à la retraite identiques, et ce quel que soit le statut du cotisant, qu’il soit salarié, indépendant, fonctionnaire…), et qui prendrait effet en 2025. Or, à revenus identiques, les artistes auteurs cotisent beaucoup moins que les salariés. Cette réforme entraînerait donc une hausse de cotisation de près de 13% pour les artistes et 17% pour les auteurs du livre.

Quand on sait qu’entre 41% et 53% des professionnels gagnent moins que le SMIC et que leurs revenus continuent de baisser, en particulier pour les plus jeunes et que leurs cotisations sociales ne cessent en parallèle d’augmenter, ça se complique : un auteur gagnant l’équivalent d’un SMIC et demi brut, aura vu celles-ci croître de plus de 7% entre 2004 et 2020, passant de 16,60% à 23,81%, on va pas se mentir, c’est plutôt inquiétant. D’autant qu’empêcher les auteurs de créer en aggravant une situation déjà très précaire, c’est non seulement empêcher des milliers d’auteur.ice.s, écrivain.e.s, scénaristes, illustrateur.ice.s, dessinateur.ice.s, artistes de vivre décemment de leur métier, mais aussi s’attaquer directement à la culture.

Cela me touche forcément, étant donné que c’est le métier que je veux faire, mais cela vous touche aussi si vous avez un quelconque intérêt pour la culture, et pour les personnes qui font les livres et les Bds que vous lisez, les illustrations que vous voyez…

Pauvre lycéen.ne que je suis, je ne peux pas faire grand chose à part informer faire de mon mieux pour défendre ces professions. Je vous encourage donc vivement à aller lire le site http://www.extinction-culturelle.fr pour vous renseigner, agir, partager sur instagram, twitter, facebook avec #payetonauteur et #payetaculture.

Allez hop hop hop, on se sort le crayon du cul et on se bouge pour les artistes-auteur.ice.s !

Teïla (texte et dessin)

 

Albuquerque-Lanester exchange

Last March, 10 students and 2 teachers from our sister school in Albuquerque – Albuquerque Academy in New Mexico – spent 2 weeks with their correspondents in our school. At the end of their stay, we asked them to write about their experience :

«  Every place you look, there is an opportunity to capture the beautiful scenery of French lands. From nature to buildings, the grounds are impeccably clean and healthy, demonstrating that France is a leader in environmental protection. Although there have been consistently nebulous skies and a generous supply of rain, this is the prettiest country I have ever been to. The endless amount of pictures that can be taken are largely due to the care of the people when it comes to protecting species. It all begins with the unique architecture of the buildings, which I have not seen in any other country. Next, the quantity of lush and flowering green plants is breathtaking. This can be seen everywhere, including the islands. The oceans and beaches, although cold, are sparkling and foamy blue. Thus, the French landscapes and scenery are one of the many parts that contributed to our visit becoming an amazing and unforgettable trip. Certainly, all of the Americans could never have enough of the beauty of French lands, and we would all visit this wonderful place again. Thank you for taking care of your country. It’s just really cool knowing that you’re in a place that has been inhabited for millenia. » Josh and Anna

« A major difference between French and American cultures is that French students have more freedom than we do. At school they are given more opportunities to make their own decisions. In the morning, students can sleep in if they don’t have class, and they can also leave school between classes. After school they can go home or wherever they desire. This gives a unique opportunity to the students of Jean Macé to have a more connected relationship with their friends and families because of the freedom they have. Because of their low homework load, they have more free time than we do. Students are also given the opportunity to go home to their families for lunch, an option which does not exist at Albuquerque Academy. It is also common for students to take the bus to various cities without worry. We would love to have these privileges ! » Skylar and Libby

« Food is definitely one of the best parts of visiting France. Every single bakery we have been to has a huge selection of pastries and bread, and they all look delicious. (But I do miss American food, especially spicy foods). Bread is a major part of meals here. It is not a meal if you don’t « break bread » with someone. A difference between France and America is that Americans snack frequently between less important or unofficial meals, while the French do not snack as much and have much more formal meals. Dinner is always in multiple courses, which makes the food seem much more important and allows you to take the time to talk to the people around the table. » Ryan and Taylor

« During our time in France we have met many amazing people. To begin with, our correspondants have shown us nothing but love and familial acceptance. These students have helped us develop our French language ability and adapt to the French daily culture. The correspondants have shown us open arms to their homes and families as well as their daily routines.The people of France carry a great consideration for the wellbeing of others. For example, when a car sees that you need to cross the street, they will stop immediately. Also, when someone sees that the French to English language barrier is present, they will take their time to be slow and considerate with their words. Even students who didn’t have to build a relationship with us chose to do so. In class, they have shared knowledge and materials, and outside of school, they have accepted us into their friend groups. They let us eat with them, hang out with them, and play games and sports. » Conor and Kassidy

« In the following paper, we will discuss the cultural dissimilarities that take place in the bathroom. Coming to France with a readiness to use the toilet, I was shocked to see the differences in such an essential appliance. Most notably, the « salle de bains » and the « toilettes » are in two separate rooms. Yes, you heard right : Two. Separate. Rooms.As Americans, we find this to be inconvenient and a disservice to the citizens of France. Let me paint a picture for you : You are in America. You have just used the toilet and you want to take a shower, and conveniently, your pants are already at your ankles. Congratulations ! You can now easily finish undressing and hop in the shower, without even having to go to a separate room. To you, this may seem like a fantasy, a utopia, but for us Americans, it is a reality.Now of course, this would not be a well-rounded discussion if we did not mention toilet paper. The most apparent difference of French toilet paper is its color. While Americans stick to classic, crisp white toilet paper, the French are a bit more creative in this domain, sporting rolls with stylish pink and green colors. Americans also enjoy a more lush, multi-ply paper when they use the restroom. » Imaan and Emily

« As a teacher, I see Lycée Jean Macé a little differently than our students do. I stay with the families of some of the teachers and attend their classes as well. During this exchange, I have visited classes with M. Allain, Mme Calvar, M. Diler, Mme LeFaouder, M. LeBozec, Mme Samson and M. Chandavoine.Some of the differences I see here include the size of the classes (they are much bigger here than in our school), the way teachers teach their subjects, and relations between teachers and students. Big classes mean that students receive individual attention only if they speak out ; shy kids (or those who haven’t done their homework) can easily be lost. Because our classes are smaller – about 16-18 students – we have more opportunity to interact, which might be good or bad, depending on your point of view. While individual teachers do things differently, it seems that kids in France do much less group work than they do in the US, where classrooms can be very noisy when students are discussing or debating. Students here also take a lot of tests, which happens often in American public schools, but not at our high school (which is private). American pupils, in contrast, write more papers in their English and history classes. By the time our students are in high school, they are expected to analyze longer and more complex texts, much like students here do in their French and philosophy classes. All the visiting American teens have said they are amazed by the length of some of the classes here. Two hours is a very long time ! But on the other hand, they say that their French correspondants have less homework than is common in the US, so they are able to relax and spend time with their families on weeknights. Finally, the ways teachers and students interact is much more formal and limited in France than it is in America. In my classes in Albuquerque, my students often hear stories about my own life, and if I notice a student looks sad or upset, I will take her aside and ask how things are going. Here, by contrast, teachers are more reserved, and students have more privacy. » Mrs Bethe

Thanks !

JF Allain (texte et photo)

10 tips pour sauver la planète (ou du moins essayer)

  1. Une chose à laquelle on ne pense pas souvent mais qui a un véritable impact sur l’environnement : les bouteilles en plastique. On les achète par dizaines, ça coûte pas cher, c’est sympa mais entre 5 et 13 millions de tonnes de plastique se déversent chaque année dans les océans. Pour y remédier, on peut simplement utiliser l’eau qui sort du robinet ou alors, si on a vraiment besoin d’eau de source ou minérale (bébés, recettes, maladies), on peut aller dans des magasins comme la Biocoop’ où on peut apporter sa propre bouteille (en verre ou autre) et la remplir, zéro déchet et tout le monde est content.
  2. Les pailles : elles sont partout, je dirais même qu’elles sont ‘on trend’ bien qu’on puisse boire un smoothie sans en avoir besoin. Elles seront de toute façon interdites à la vente d’ici à 2021 si l’Union Européenne se bouge un peu les fesses. Alors au lieu de faire des stocks, on peut, soit tout simplement s’en passer, ou alors acheter des pailles en inox, bambou etc plus chères à l’achat mais qui durent toute la vie et qui ne finissent pas dans le nez des tortues (désolée Franklin).
  1. Les serviettes en papier : on les prend par dizaine pour finalement en utiliser 1. La bonne chose, c’est qu’elles sont compostables mais pas par tous les compostes. La solution : manger proprement, ou simplement n’en prendre qu’une à la place de 2 ou 3, les refuser quand on vous en propose ou alors opter pour une serviette en tissu réutilisable, qu’on peut passer à la machine à laver.
  1. Autre petit fléau pour l’environnement : les cotons démaquillants. Cela concerne principalement les personnes qui se maquillent régulièrement et qui ont donc besoin d’1 ou 2 cotons pour se démaquiller chaque soir, ce qui jour après jour représente un amas toujours plus gros de déchets. Une super solution pour se débarrasser de ces cotons non-réutilisables ? Les cotons en coton ou toute autre matière lavable et réutilisable. Encore une fois plus chers à l’achat mais bien plus rentables sur le long terme, on peut en trouver sur Internet ou même à la Biocoop’.
  1. Je pense m’adresser uniquement aux personnes dotées d’un vagin pour le prochain tip puisque je vais parler protection hygiénique. En effet, les serviettes et autres tampons produisent énormément de déchets (qui plus est le coton de ces produits est blanchi et beaucoup de produits toxiques sont également présents dans nos culottes mesdames). La solution ou devrais-je dire les solutions : utiliser la Cup (sorte de Graal en silicone), la serviette lavable ou l’éponge menstruelle ! Et une fois de plus, les protections n’étant pas encore considérées comme des produits de première nécessité, votre porte-monnaie vous dira merci !
  1. Parlons dégueu, parlons cire d’oreille, parlons coton-tige. Un peu comme tous les autres produits cités au-dessus : non recyclables et qui finissent dans nos océans. La solution : le gratte-oreille. Une tige en bois incurvée au bout qui est plus efficace d’un coton-tige classique et qui durera toute votre vie !
  1. Les sacs en plastique : censés être interdits depuis juillet 2017, beaucoup de magasins les utilisent encore, ou mieux, les font payer ! Pour permettre aux êtres marins de ne pas s’asphyxier avec, vous pouvez apporter vos propres sacs pliables et réutilisables, ce n’est pas grand-chose pour vous mais les dauphins vous diront merci.
  2. En ce qui concerne l’alimentation, une façon d’avoir un bon impact sur l’environnement c’est de manger les fruits et légumes de saison. En effet, manger des tomates en plein hiver, ce n’est pas normal, elles sont issues d’un pays très lointain et ont dû donc faire un long trajet plein de CO2 pour arriver jusqu’ici. Manger de saison c’est donc important pour réduire son empreinte carbone.
  1. En parlant d’alimentation, un autre moyen efficace pour réduire sa consommation d’eau : réduire (voire arrêter) sa consommation de viande. En effet pour 1kg de viande de bœuf, c’est 13.500 litres d’eau qui sont consommés. De plus, dans nos sociétés occidentales, la consommation carnée est bien trop élevé, la réduire ne pourra donc pas vous faire de mal (ni à vous, ni à Porcinet).
  1. De manière générale, acheter moins d’emballages en plastique et privilégier des emballages en carton, en métal ou encore mieux, pas d’emballages du tout : de plus en plus de magasins proposent des distributeurs de produits en vrac où vous pouvez emmener vos propres contenants. C’est sympa, ça coûte moins cher la plupart du temps et vous n’aurez plus besoin de sortir les poubelles !

C’est tout pour moi, bisou, bisou.

LouN

(image en Une libre de droit sur flickr.com)