Archives mensuelles : septembre 2019

Culture snapchat

Il fut un temps que je n’ai pas connu, et sûrement vous non plus, où l’on savait simplement ce que les nouvelles de notre ville nous permettaient de savoir, ensuite vint le temps du télégramme, celui de la radio, puis celui de la télévision, celui des prémices d’Internet, et enfin, le notre, celui des réseaux. Mais dans ce monde nouveau où tout le monde se vante de savoir plus et plus loin, comment être sûr que l’on sait vraiment ?

Il est simple pour nous, jeunes bercés au son de la télévision et des notifications, de s’imaginer que l’on est bien informés, puisqu’à longueur de journée défilent sous nos yeux des gros titres, des scandales en gras et des reportages chocs exclusifs ! Mais en réalité, pour la plupart d’entre nous, nous ne choisissons pas notre manière de nous informer. Les articles que nous lisons sont ceux qu’on nous propose : une story Snapchat, un post Instagram ou Twitter, une actualité Google ou Safari. Certains articles comme par exemple ceux du journal Le Monde ou Le Figaro, peuvent paraître très sérieux.

Seulement ce ne sont pas que les actualités dont il est question ne sont pas vraies, simplement que le peu d’informations qui y sont données sont noyées dans l’actualité people et les tutoriels satisfaisants ou autres bizarreries de notre génération.

Quand ce genre d’actualité devient notre seule source de savoir, alors on ne choisit plus rien. Puisque nous lisons tous les mêmes articles flash, nous ne pouvons pas comparer un journal à un autre, le point de vue apporté aux articles est toujours le même et nous le partageons tous, nous ne sommes plus libres de lire un journal pour sa position vis à vis de l’actualité, et nous ne nous en rendons même plus compte.

Il est normal pour un jeune de ne pas avoir un avis très dessiné sur les choses qui l’entourent, et de suivre alors l’opinion de ses modèles (ses parents la plupart du temps). Mais en vieillissant, cet avis devrait s’affermir et non pas stagner à une sorte de pacifisme qu’on pourrait plus communément appeler ignorance.

C’est une étape indispensable (la plupart du temps je crois) pour les adolescents de passer par l’affirmation contre les modèles et de chercher à vraiment comprendre tout ce qui les entoure.

Or, quand dans cette période d’affirmation l’adolescent n’a pour seules informations que celles de BFMTV et twitter, il ne peut pas découvrir la diversité du journalisme, confronter différents points de vue et décider de son opinion sur divers sujets.

Mais, me direz-vous, comment remédier à ce séisme de désinformation ? Arrêter de s’informer via les réseaux ? Mais non, mais non mon petit !

Le fait qu’avoir des sources trop peu fiables ou pas assez développées ne veut pas dire que tout ce qui est abordé sur les réseaux est négatif, et ne signifie pas non plus la nécessité de brûler tous les services Google !

En réalité, il y a plein de journaux qui se sont étendus sur les réseaux (je pense à Arte parce que ce sont mes préférés mais ils ne sont pas seuls!) ! Il faut simplement compléter ce que l’on apprend, multiplier les sources d’information et construire son opinion !

Je ne sais pas si le monde serait vraiment parfait quand on en arrivera là, mais savoir ce que l’on pense pourrait éviter quelques quiproquos politiques, comme quand le monde entier se met à haïr (…) .

Bien sûr cet article ne concerne pas tous les jeunes, loin de là. Il ne blâme en aucun cas ceux qui s’informent ainsi, mais vise plutôt à les encourager à se rebeller ! Et à brûler leurs téléphones devant un magasin Apple en hurlant CONSOMMATION !

Paul-Ka et supercaligragili

Au revoir Président !

Monsieur Chirac est décédé le 26 septembre ce qui a donné lieu à plusieurs cérémonies qui lui ont rendu hommage, notamment un deuil national observé dans tout le pays le lundi 30 septembre dernier. Ancien président, il a marqué l’Histoire du pays et la mémoire de nombreux Français. Retour sur sa vie.

Nous lycéens, dont les plus vieux ont 18 piges et un peu plus pour nos amis les BTS, n’avons que mal connu cet homme à la carrière impressionnante.

Né en Corrèze en 1932, Chirac est un énarque (il a fait ses études à l’ENA) et il rentre dans la vie politique très tôt pour devenir député en 1967, il a 35 ans. Jacques Chirac est le plus jeune ministre de l’avant-dernier gouvernement du général de Gaulle. Sept ans plus tard, Premier ministre en 1974 sous Valéry Giscard d’Estaing. On le surnomme alors “le bulldozer” car il enchaîne les ministères comme celui de l’Agriculture ou de l’Intérieur. Avant il s’était marié le 16 mars 1956 avec Bernadette Chodron de Courcel. Ils ont deux enfants: Laurence et Claude.

En 1976, il démissionne et crée son propre parti, le RPR ou Rassemblement pour la République. C’est avec ce parti (qui s’appelle depuis les Républicains) qu’il sera élu Président de la République.

Il atteint la présidentielle le 7 mai 1995 face à Lionel Jospin qui représentait la gauche. Il l’emporte. Il déclare ce soir-là :

« Ce soir je pense à mes parents, je pense aux patriotes simples et droits dont nous sommes tous issus. J’aurais accompli mon devoir si je suis digne de leur mémoire. »

Il est ensuite réélu une seconde fois en 2002 avec 82% des voix face à Jean Marie Le Pen, l’homme de tête du Front national (ayant fait ses années lycée à Dupuy à Lorient, si si vous n’avez qu’à vérifier.)

Jacques Chirac a aussi été longtemps maire de Paris, cette période est marquée par des accusations et des affaires en tout genre, notamment le fameux “détournement de fonds publics”, une fâcheuse habitude que l’on retrouve chez de nombreux autres politiques… lol. Son nom est ainsi cité dans neuf dossiers judiciaires. La plupart remontent à l’époque où il était à la fois maire de Paris et président du RPR (l’ancêtre des Républicains). Favoritisme, financement occulte du parti, détournements de fonds…

Les accusations sont graves mais il n’a été condamné qu’une fois à deux ans de prison avec sursis : c’est la peine prononcée en décembre 2011, par le tribunal correctionnel de Paris pour « prise illégale d’intérêt ».

Malgré cela, sa popularité aujourd’hui est énorme. Des milliers de personnes se sont déplacées pour lui rendre hommage pendant ses obsèques. Mais Jacques Chirac n’a pas toujours été le président préféré des Français.

Il a même été longtemps détesté par ses compatriotes. « Les Guignols de l’info » l’appelaient « Supermenteur »…

S’il est aussi apprécié aujourd’hui, c’est qu’il a aussi mené une action positive en France. Il est connu pour sa politique pacifiste en refusant la guerre en Iraq en 2003, faisant alors front face à l’avis des Etats Unis. Avant il avait été le premier Président français à reconnaître le rôle de la France dan le génocide juif en 39-45. On peut aussi supposer qu’après lui, les Présidents Sarkozy et Hollande n’ont pas vraiment eu la cote…. Ce qui pourrait augmenter le capital sympathie de Chirac.

Depuis son départ de l’Elysée, le 16 mai 2007, Jacques Chirac poursuit son action notamment à travers la Fondation pour le développement durable et le dialogue des cultures lancée officiellement le 9 juin 2008. Victime d’un accident vasculaire cérébral en 2005, Jacques Chirac est frappé depuis cette date par des moments d’absence, des pertes de mémoire et est également atteint de forte surdité. Il fait sa dernière apparition publique en 2014.

Enfin, il est connu pour ses sorties pleines d’humour et extravagantes. Je vous invite à aller voir la vidéo de le Monde “Jacques Chirac : ses petites phrases et moments cultes” (sur youtube), un best of de ses meilleurs répliques, à voir 😉

Cet homme a aussi été le premier à participer à une cohabitation inédite avec le président socialiste François Mitterrand, c’est d’ailleurs contre “tonton” que Chirac est battu à la présidentielle de 1988. Oui, Chirac était de droite mais on en parle aujourd’hui comme un homme de gauche…

Alexis (texte et dessin)

Zone dangereuse : féminicides en hausse !

Le terme « homicide » désigne l’action de tuer un être humain volontairement ou non, il est employé pour tous les types de meurtres. Et pourtant, un autre terme a été créé tout récemment : « féminicide », il désigne le meurtre d’une femme en raison de sa condition féminine. Pourquoi, étant donné que le terme « homicide » est utilisé pour le genre humain, avons-nous eu besoin d’inventer un autre terme spécifique à la femme ?

Depuis le début de l’année 2019, le terme s’est retrouvé sur les unes de la presse française en raison d’une augmentation des féminicides par rapport aux 5 dernières années.

En effet, en France, en moyenne, autour de 130 féminicides sont perpétrés par an. On compte déjà plus de 100 femmes assassinées depuis janvier 2019. Dans les couples, c’est le plus souvent la femme qui est victime de l’homme et c’est ainsi que nous arrivons à ce triste constat. Toutes ces femmes avaient un nom, une famille, des amis. Aujourd’hui, il faut que nous prenions conscience de cette situation : des femmes meurent parce que ce sont des femmes. La parité homme/femme que nous cherchons depuis si longtemps est toute proche mais ces féminicides qui ne cessent d’augmenter sont une alerte. Nous nous devons de réagir.

Pour lutter contre les féminicides, des associations comme Osez le féminisme ! ou Les Glorieuses se créent et manifestent régulièrement afin que les violences conjugales se réduisent (pour un jour se stopper définitivement). Ces associations demandent également à ce que le mot « féminicide » soit inscrit dans le code pénal et tentent de rappeler au président Emmanuel Macron qu’il avait fait des droits de la femme la grande cause nationale de son quinquennat.

La France est un pays riche qui est amplement capable d’améliorer les conditions de vie de la femme au XXIème siècle. Pour cela, nous pouvons participer à la transmission de l’information : parlez-en autour de vous, développez vos idées, échangez avec d’autres personnes. Les inégalités hommes / femmes sont moindres en France par rapport à certains pays mais elles sont encore présentes : à nous de jouer !

Maïwen

(image libre de droit sur pixabay.com)

Brexit news (lol…)

Le Brexit ça fait longtemps qu’on en parle, et on est pas près d’en avoir fini. Résumé rapide : Pour éviter une séparation brutale entre le Royaume Uni et l’union Européenne, les deux camps cherchent à créer un accord d’entente, dans le cas de non entente, c’est le no deal et le Royaume uni sera mis au banc des nations…

Cette date a été fixée pour le 29 mars 2019 à minuit, avant d’être reportée au 12 avril, puis au 31 octobre. On s’approche donc… Theresa May a été pendant longtemps directrice des négociations du côté britannique en exerçant son rôle de Premier ministre mais épuisée par la politique et par les désaccords de son propre camp, elle céda sa place à l’actuel Boris Johnson. Le Français Michel Barnier est quant à lui toujours chef des négociations du côté Européen.

Petit retour en arrière

Tout a commencé le 23 juin 2016 avec le vote des Britanniques en faveur du Brexit, 51,9% ont voté « oui » au leave de David Cameron alors Premier ministre du RU (Royaume-Uni). Le RU va donc sortir de l’Europe. En réponse, les 27 pays européens affirment leur unité, et ce cher Cameron démissionne suite à son échec.

Le plus apte pour le remplacer est son principal opposant Boris Jonhson (la ressemblance avec trumpy est frappante je vous l’accorde.)

Cependant c’est Theresa may qui prend le poste de premier ministre après le retrait de notre cher Boris, elle soigne son entrée avec sa phrase fracassante “Brexit means brexit”. Il est intéressant de noter la tête de Mme May à ce moment là. Le 29 mars 2017, soit quasiment un an après le vote, L’UE (union européenne) active l’article 50 pour officialiser la sortie du RU. Les négociations peuvent alors commencer, le négociateur en chef Européen est alors Michel Barnier (un mec vachement déterminé qu’on peut pas rouler). Theresa may veut alors renforcer son autorité au Parlement anglais, le vote est effectué le 8 juin 2017. Elle perd alors sa majorité absolue, et doit s’allier au parti unioniste d’Irlande, ce qui va la forcer à faire des compromis. De plus, au sein de son propre camp des divisions éclatent. Aïe, le bateau Theresa commence à prendre l’eau.

La claque

C’est une première (grosse) claque que reçoit Theresa May le 10 décembre 2018. Elle expose à son parti le traité négocié avec les Européens mais Unionistes irlandais et Hard brexiters ne sont pas d’accord. Theresa n’a plus de majorité au sein de son camp, elle renonce donc à la présentation du projet au Parlement anglais. Elle repart alors à Bruxelles où l’attendent les 27, ceux ci refusent de renégocier l’accord. e Parlement vote alors une voie qui oblige la détention d’un plan B en cas d’un divorce sans accord (no deal). Le no deal permettrait de considérer le Royaume uni comme un pays tiers, en dehors de toute relation (et donc très vulnérable à toute sorte de chose).C’est le 15 janvier 2019 que le drame se produisit, le parlement britannique rejette l’accord de retrait négocié par Theresa. Les Européens ne font aucune concession sur le brexit même sur la backstop.

Le 12 mars 2019, un accord très légèrement modifié est rejeté de nouveau largement (391 contre 242) par le parlement britannique. Il ne sont toujours pas d’accord sur le déroulement du backstop, et ont peur d’être arrimés encore à l’UE par cette frontière commune. Theresa May demande alors un report du brexit au 31 juin, les 27 Européens sont contre et acceptent un report pour le 12 avril. Le temps presse. Le 29 mars 2019, jour qui aurait dû être la sortie définitive du RU, se transforme en “troisième rejet de l’accord par le parlement”. Le brexit s’oriente alors vers un brexit dur, tout le monde panique face à la sortie prévue au 12 avril. Cependant, (et oui le brexit est rempli de palpitants rebondissements ! ) le brexit est de nouveau repoussé au 31 octobre 2019, les Européens commencent à s’exaspérer.

L’arrivée de Boris

Mme May, en 2017, deux ans avant sa sortie…

Theresa May épuisée par toutes ces péripéties annonce sa démission à chaudes larmes (de tristesse ? De colère ?) le 7 Juin 2019. Il faut un nouveau premier ministre d’urgence au RU. Pour montrer la difficulté de l’affaire du Brexit, regardez la tête de Theresa May lors de sa démission (dessin en Une). Cette dame a lutté jusqu’au bout et elle est à mon sens la plus grande actrice du Brexit. Son remplaçant n’est autre que Boris Johnson, oui oui le petit trumpy. Il accède au pouvoir le 23 juillet 2019. Face à cette apparition au pouvoir, la Chambre des Lords accepte la loi énoncée plus tôt sur l’interdiction d’une situation de no deal.

Boris a alors peur d’un sabotage par le parlement de “son” Brexit. En effet, lui, cherche à sortir coûte que coûte de l’UE alors que le parlement cherche une solution viable et aimerait atteindre le report du brexit une énième fois pour le 31 janvier 2020. Boris décide donc mi septembre de suspendre le Parlement Britannique pendant 5 semaines pour qu’il puisse mener ses actions sans être gêné par le Parlement…

L’Histoire est donc loin d’être finie, et tout le monde se demande comment est-ce que cela va se dérouler. Les questions les plus épineuses comme le backstop sont défendues ardemment et personne ne semble se mettre d’accord. Les Européens eux restent indéboulonnables sur leurs principes et idées même s’ils cachent à peine leur exaspération face aux nombreux sursauts du brexit.

Alexis (texte et dessins)

Comment je suis tombée amoureuse de « Guerre et Paix »

Samedi 21 septembre 2019, 18h55, CCDB, Lorient, la pièce va bientôt commencer. Ce soir se joue Pour l’amour de Léon, qui ouvre la saison du théâtre de Lorient. Je ne sais pas à quoi m’attendre, j’ai choisi cette pièce un peu par hasard, je n’ai même pas lu La Guerre et la Paix de Léon Tolstoï (classique de la littérature russe), pourtant fil conducteur du spectacle.

A cinq minutes du commencement, des gens arrivent encore, cela fait pas mal de monde dans ce petit hall. Il fait chaud, les gens discutent, rient et ont l’air beaucoup plus au fait que je ne le suis.

Je doute de plus en plus. Je prends une des feuilles de salle en évidence sur le comptoir, je la lis. Et là je comprends ce qui depuis était un peu trouble : la pièce se joue en cinq épisodes et le premier (ce soir) est le parcours du roman, de l’histoire, une sorte de résumé théâtralisé ; mais ce n’est qu’un cinquième de la pièce ! Heureusement, il est précisé que chaque épisode peut être regardé indépendamment.

Le premier épisode donc, augure l’union de la pièce entre roman et théâtre. Pour en avoir écouté quelques extraits, La Guerre et la Paix ne me semble pas être le roman le plus intelligible à mettre en scène, du fait même que c’est un roman et de son ésotérisme (l’histoire se passe en Russie au début du XIXème s., sur deux bords, l’un sur le champ de bataille contre Napoléon, l’autre, à l’arrière dans la bourgeoisie russe).

Mais soit ; vu le temps passé par Adèle Chaniolleau et Camille Pélicier (les créatrices du projet) sur cette pièce, je pense que le problème est plus ou moins résolu.

19h, on nous appelle, je ne comprends pas bien pourquoi personne ne se dirige vers la salle, tout le monde commence à s’asseoir dans le hall.

Je me souviens, encore une chose que je n’avais pas comprise, c’était pourtant clair : « épisode 1 : samedi 21 septembre, hall du CCDB ».

Nouvelle surprise donc, mais originale. Je suis tout de même sceptique, je ne m’y attendais vraiment pas.

A peine les gens installés, Camille Pélicier, assise au milieu de nous, commence. Je sens toujours cette légère angoisse que je ne vais rien comprendre. Mais très vite, Mademoiselle, du nom du personnage que joue la comédienne nous met très à l’aise ! En fait, le hall du théâtre prend l’allure d’un salon. Nous sommes les invités, elle est l’hôte.

Et c’est parti.

Pendant une heure et demi, nous devenons russes, je deviens russe. Transportée par le flots (presque) ininterrompu des paroles de Mademoiselle, d’une présence si puissante, qu’il m’est impossible de décrocher.

Avec son articulation parfaite, son éloquence captivante et son énergie folle, elle réussit à faire vivre cette intrigue, aux chemins pourtant si complexes.

Se jetant à terre lorsqu’elle est sur le champ de bataille ; déambulant dans le hall, parmi nous, à côté de nous, partout, toujours en mouvement, gesticulant. Elle sait très bien que, sinon, on va perdre le fil.

Un téléphone sonne et là, gage de son improvisation à toute épreuve, elle dit « et bien tant mieux, tient, ça fait une pause ! ». Je suis fascinée.

A un moment, prise dans l’élan du rôle d’une jeune fille, elle dégage toute la sensualité d’une adolescente passionnée… Juste accolée à une dame d’un certain âge qui visiblement ne sait pas où se mettre (situation point trop à l’aise je l’accorde).

D’un humour accessible, la pièce n’en n’est que plus séduisante.

Je sens la fin venir, Mademoiselle transpire, il fait très chaud, le rythme s’accélère, mais elle ne perd pas le fil, moi, un peu ; trop de personnages, trop d’actions, trop d’endroits.

Enfin, elle finit par la lecture d’un bout d’un des deux épilogues du livre, qui m’achève agréablement.

Elle sort. C’est fini. Elle revient saluer et comme si pour elle, nous avions réellement été ses invités elle nous invite à prendre un verre. Fabuleux.

Je comprends mieux le sens du sous titre de la pièce « ou comment je me suis perdue dans Guerre et Paix », Camille Pélicier, c’est Mademoiselle sans l’être, toutes les deux fascinées par ce roman et son auteur et qui grâce à cela nous ont permis de ne point trop nous perdre.

Je sors, avec l’envie incommensurable de lire Tolstoï et son œuvre monumentale.

Anjelassommoir (dessin d’Aerouann)

Pour l’amour de Léon ou comment je me suis perdue dans Guerre et Paix, la création d’Adèle Chaniolleau et de Camille Pélicier est à retrouver au CDDB à Lorient les 30 novembre (épisode 2), 18 janvier (épisode 3), 7 mars (épisode 4) et 28 mars (épisode 5). Pour rappel, chaque épisode peut être regardé indépendamment des autres.

Quizz : es-tu un as de la Révolte ?

A toi de jouer ! Grâce à ce test, tu vas pouvoir situer ton niveau en matière de révolte, de rébellion, de révolution. Tu seras ainsi mieux armé.ée pour affronter la vie.

1- Quand a eu lieu la Révolution française bis ?

A- 1838 B- 1845 C- 1848 D- 1870

2- Quand est ce que les États-Unis ont-ils réussi à obtenir leur « f**k the british » (Indépendance en français) ?

A- 1811 B- 1776 C- 1692 D- 1715

3- Quand est ce que les Soviets’ ont fait leur Révolution ?

A- 1919 B- 1917 C- 1915 D- 1921

4- Quelle est la date de la rébellion de Ceylan (tu sais même pas où c’est j’suis sûre) contre les Britanniques (indice : c’est la même année que l’abolition de l’esclavage) ?

A- 1852 B- 1849 C- 1830 D- 1848

5- Les Trois Glorieuses, c’est quand déjà ?

A- 1932 B- 2015 C- 1830 D- 1852

6- Une année, toute l’Europe s’est dite : « bon les gars c’est la merde, faut se bouger, on se révolte», (indice : il s’est passé beaucoup de choses cette année là), c’était en  :

A- 1848 B- 2019 C- 1905 D- 1797

7- Si tu sais ce qu’est la Commune de Paris, t’es obligé.e de me dire la date sinon bah fais comme tu peux.

A-1872 B-1870 C-1871 D-1873

8- En fait les Russes ils sont un peu chiants niveau révolution, ils en ont fait deux – bon y’en a une qui a foiré et c’est celle-là que je veux.

A- 1917 B- 1905 C- 1915 D- 2008

9- Normalement – si t’as suivi tes cours d’histoire de seconde… – tu sais qu’à un moment les British, ils étaient pas hyper cools vis à vis des Irlandais, MAIS un jour les Irish ont dit stop, mais quand ?

A- 1921 B- 1924 C- 1922 D- 1921

10- La guerre d’Indochine, c’était de quand à quand  ?

A- 1945-1956 B- 1946-1954 C- 1947-1958 D- 1944-1952

11- Quand est-ce que la guerre civile chinoise s’est-elle terminée (indice : c’était un an après le plan Marshall) ?

A- 1949 B- 1948 C- 1947 D- 1946

12- Pendant une période, les Espagnols ont fait une guerre civile qui a abouti au gouvernement de Franco (tu sais le moment où en France, le gouvernement s’enterrait la tête dans le sable), c’était en :

A- 1926-1928 B- 1936-1939 C- 1934-1938 D- 2017-2018

13- ATTENTION, question spéciale pour voir si tu lis bien la Gazette ; quand ont eu lieu les manifestations de Tian’anmen en Chine ?

A- 1979 B- 1985 C- 1991 D- 1989

14- Dans le célèbre épisode historique des Révoltés du Bounty en 1789, les marins se soulevèrent contre leur capitaine parce que :

A- Il avait fini les Bounty B- Les marins voulaient rester à Tahiti C- Les Bounty c’est pas bon

15- Il y a quelques années, une vague déferlante de Révolution a submergé bon nombre de pays arabes (le « Printemps arabe »), c’était en quelle année ?

A- 2009 B- 2012 C- 2011 D- 2007

16- Et maintenant, pour voir si tu suis l’actualité, quand ont commencé les manifestations en Algérie ?

A- décembre 2018 B- février 2019 C- avril 2019 D– juin 2019

17- ET la dernière pour la route (pas trop dans le thème, tant pis)  : qui a dit «Je ne suis que l’émanation du goût du peuple français pour le romanesque » ?

A- Napoléon B- Mitterrand C- Macron D- Hollande

Saucissolutions : 1-C ; 2-B ; 3-C ; 4-D ; 5-C ; 6-A, 7-C, 8-B, 9-C, 10-B, 11-A ; 12-B ; 13-D ; 14-B ; 15-C ; 16-B ; 17-C

Si t’as entre 17 et 14 : Franchement en premier vœu sur Parcours Sup, mets prépa, fac d’Histoire ou inscris-toi au jeu tv Question pour un champion d’Histoire.

Si t’as entre 14 et 12 : Chapeau, tu gères, les cours d’Histoire te réussissent super bien !

Si t’as entre 12 et 10 : Tu restes grave doué et je te pardonne, c’était pas vraiment super simple …

Si t’as entre 10 et 8 : Révise juste un peu plus, tes erreurs tu ne les referas plus !

Si t’as en dessous de 8 : T’en fais pas, c’est pas inné les dates, mets juste un peu plus de cœur à l’ouvrage et elles rentreront toutes seules !

Anjelassommoir

Élève déçu recherche système scolaire

L’année dernière en cours de français, j’ai eu le grand plaisir d’étudier un extrait de « De l’institution des enfants », chapitre XXV du premier tome des Essais de Montaigne (je dis cela sans ironie aucune, keur keur Montaigne), et au cours de cette étude il m’est apparu un fait assez cocasse : qu’on nous fasse étudier ce texte, qui prône l’appropriation des savoirs  »pour se fabriquer son propre miel », sa propre opinion, son propre raisonnement, et finalement être formé.e.s pour notre vie d’adulte, alors que dans la pratique on est loin du compte dans notre système.

A mon sens, apprendre quelque chose, c’est planter une graine. Or, une graine, comme le savent les férus de jardinage, ne devient rien si on ne l’entretient pas. Que la graine devienne une belle plante saine et fructueuse demande du temps (donc de la patience), de l’attention (donc de la concentration), de la détermination (donc de la pugnacité).

L’école se contente souvent de planter la graine et s’enorgueillit de transmettre des savoirs aux élèves, sans leur faire prendre conscience que l’arrivée à maturité de ces savoirs-graines dépend surtout de leur propre volonté et application à la tâche.

Il faut concéder que cette affirmation est un peu exagérée : une bonne partie des professeurs que j’ai rencontrés le font. Mais où est alors le problème ? Un manque général de volonté du côté des élèves ?

Si on part du principe que oui, le problème vient des élèves, il serait plus juste, au lieu de pointer un manque de volonté, de parler du syndrome  »ça fait beaucoup de pression et on est relativement paumés, merde ». Car on conviendra qu’entre le stress dû à des évaluations au système discutable Parcoursup qui, non content d’apporter une bonne dose de pression supplémentaire va nous prendre pas mal de temps, tout ce qui peut changer autour de nous (autant personnellement qu’à l’échelle du lycée ou même politiquement), et des perspectives d’avenir pas très engageantes, il n’est pas complètement absurde que notre motivation à l’instruction ne soit pas toujours optimale.

Cependant, on peut sans trop se mouiller maintenir l’idée que c’est le système en lui-même qui est en cause. Tout d’abord, pointons certaines méthodes d’enseignement, par exemple celles des langues car elle me met particulièrement en pétard. Premièrement, nos classes sont beaucoup trop nombreuses, comment dialoguer en langue étrangère dans une classe de 20 à 30 personnes ? On présente les langues comme une matière, un truc à mémoriser de plus, alors qu’apprendre une langue c’est apprendre un autre système de pensée, une autre culture, un moyen de communiquer. Le problème est qu’on n’a pas, qu’on ne nous donne pas de bonnes motivations pour apprendre les langues. A partir de là, difficile de s’investir, de participer. J’en ai beaucoup des exemples de situations absurdes, comme cet ami qui s’est vu recevoir une mauvaise note à une éval d’anglais car il avait répondu aux questions en anglais alors qu’il fallait le faire en français. Être pénalisé pour s’exprimer dans la langue qu’on est censé nous apprendre, c’est quand même fort.

Mais ça ne se limite pas à l’apprentissage des langues : on nous demande de nous instruire pour le BAC, puis pour trouver un MÉTIER, gagner de L’ARGENT et devenir de bons petits capitalistes bien ancrés dans le système. Où sont le plaisir d’apprendre, l’émulation personnelle, la formation d’un être critique, raisonné et autonome? On peut aussi souligner le fait que le système n’est pas du tout adapté aux élèves à haut-potentiel, ainsi qu’à tout type d’élève qui a le courage de sortir un peu de la norme.

Mais heureusement tout espoir n’est pas perdu : comme dit précédemment certains profs sont aussi saoulés par le système que nous, et il y a un début de prise de conscience des élèves…

J’ai bien conscience que cette tribune ne fait que pointer un problème, et n’apporte pas de solutions concrètes. Mais si on se casse tellement la tête dessus, si depuis la Renaissance on débat sur la façon d’éduquer les jeunes, si chaque gouvernement s’amuse à réformer l’éducation nationale (et ne fait finalement que déplacer des problèmes ou en créer d’autres), c’est que c’est un sujet épineux qui ne mettra jamais tout le monde d’accord.

Donc le système éducatif idéal, on en est loin, mais il faut se rappeler que chacun de nous est une potentielle force agissante ! Si on estime que l’éducation qu’on nous propose ne nous convient pas, prenons-la en main !

Yan Archie

(image libre de droit sur pixabay.com)

Céline Sciamma, réalisatrice engagée

Cette jeune réalisatrice française trace un chemin singulier dans le monde du cinéma. Elle vient de sortir son 4ème long-métrage et s’impose comme un nom à suivre.

Son nom ne vous dit peut être rien mais ses films vous parleront peut être un peu plus : Naissance des pieuvres (2007) – histoire de trois adolescentes au sein d’un groupe de natation synchronisée découvrant leur sexualité, leurs désirs, leurs attirances -, Tomboy (2011) – une jeune fille de 10 ans, très androgyne, est prise pour un garçon et se retrouve coincée dans l’ambiguïté de son genre – et enfin Bande de filles (2014) – un film émouvant sur quatre jeunes filles noires de banlieue, dont une découvre les joies de l’émancipation, après avoir été toute sa vie enfermée dans des mœurs strictes.

A travers ses films, depuis son premier long métrage (Naissance des pieuvres), Céline Sciamma n’a cessé d’affirmer son parti pris et ses convictions. Réalisatrice engagée dans la cause LGBTQI+, elle tente depuis ses débuts de donner le plus de clés possibles aux personnes qui se cachent, n’osant affirmer leur singularité.

Ses trois premiers films se tournent plus vers un public jeune, à l’âge de l’ébullition des désirs, des questions, des peurs de l’adolescence, montrant au cinéma ce que beaucoup se cachent à eux-mêmes et n’osent dévoiler. Elle se bat, ses films lui servant d’arme contre les assignations, les stéréotypes de genres et de sexualité que la société transmet encore.

Hier, sortait son dernier film, tourné, cette fois ci vers un autre public. Dans Portrait de la jeune fille en feu, il n’est plus question de doute, d’émancipation, de découvertes juvéniles mais de deux femmes, l’une peintre, indépendante et libre, l’autre fille d’une riche propriétaire, promise à un mariage qu’elle rejette ; la peintre, Marianne doit faire le portrait d’Héloïse pour son futur époux, cette dernière refuse de poser car elle ne veut pas se marier. Marianne doit alors jouer de manière plus astucieuse : elle est engagée comme domestique pour observer Héloïse discrètement, cette proximité fait naître en elle un amour passionné pour son modèle.

Cette intrigue aux thématiques pourtant très contemporaines (une femme lesbienne, peintre, libre, indépendante) se déroule pourtant au XVIIIème siècle. Mais malgré les à priori, ce genre de femmes n’était pas rare, le temps les a seulement oubliées.

Dans son film qui a reçu le Prix du scénario cette année au festival de Cannes, Céline Sciamma décide de les mettre en lumière et leur donner la place qui leur est due, prenant le contre pied du schéma de l’homme peintre, artiste et de la femme muse, modèle, simple objet de création.

Un film à découvrir, un auteur à suivre !

Anjelassommoir

(image extraite de la bande annonce du film)

Scandales sexuels et pouvoir

Lorsque je vous parle de mobilisation via les réseaux sociaux, ces derniers mois certains penseraient plutôt à youth for climate et notre copine suédoise mais peut-être d’autres auraient une pensée pour un hashtag qui a fait parler de lui. #metoo #balancetonporc #Quellavoltache (italien) ou #jagocksa (suèdois) même signification. Même combat.

Le mois d’octobre 2017 sonne le déclin d’Harvey Weinstein, une figure hollywoodienne accusée d’abus sexuel sur des icônes du cinéma comme Angelina Jolie ou Ashley Judd. L’homme s’excuse et annonce une année sabbatique. Suite à ce premier scandale, Alyssa Milano lancera le hashtag „metoo“ sur twitter (ayant l’équivalence française « balance ton porc »). De cette façon, les femmes ont pu s’exprimer plus librement sur les faits passés puisque ces dernières sont soutenues et écoutées par les autres victimes et les internautes.Dans un même temps, le réalisateur James Toback est lui accusé de harcèlement par 38 femmes. Brett Ratner (réalisateur), Bruce Weber (photographe/cinéaste) ou encore Woody Allen (réalisateur/humoriste) seront aussi cités dans des cas de violences sexuelles. La tweetosphère va se déchaîner et le nombre de messages au hashtag „metoo“ exploser.

Deux ans après l’affaire Weinstein et le vent féministe qui s’en ait dégagé, la voile reste gonflée avec l’arrivée du scandale Epstein. L’homme aurait organisé durant plusieurs années un trafic sexuel. Des photos de jeunes filles mineures dénudées ont été retrouvées dans l‘un de ses logements, c’est ainsi qu’une deuxième enquête sur le milliardaire commence. Ces photos sont loin d’être anodines. En effet, ce n’est pas la première fois que l’homme d’affaire est inculpé dans un procès en tant que délinquant sexuel. Il aurait fait venir des mineures âgées de parfois à peine quatorze ans chez lui. Un témoignage nous informe que Epstein aurait aussi fait venir de nombreuses femmes/jeunes filles sur son île privée où il aurait organisé des orgies. Ses victimes seraient sélectionnées (par son ex-femme, le crime c’est toujours plus drôle à deux) pour leurs origines sociales. Une somme rondelette permettait de garder le silence sur les jouets préférés de certains hommes riches et influents.

Le milliardaire fait profiter son commerce en «fournissant aussi des filles ».Outre les faits (aussi répugnants soient ils), Epstein laisse pas mal de monde dans l’embarras à cause de ses connaissances notamment politiques. Il a côtoyé Donald Trump, Bill Clinton, le prince Andrew ou encore Alexander Acosta. Le dernier homme était procureur lors de son premier procès et lui a permis d’écoper d’une peine de prison plus légère en 2008 pour de semblables accusations. Ce même homme démissionne de son poste de ministre du travail pour Donald Trump (coincoin pour les intimes) peu de temps après la seconde arrestation du violeur présumé. 

Coïncidence ? Je vous laisse refaire le puzzle.

Tout récemment, Epstein est retrouvé mort pendu dans sa cellule, le 10 août dernier. La prison dans laquelle il était incarcéré avait bien évidemment des protocoles pour ce genre de cas. Apparemment ceux-ci ont été négligés (coup de chance?). Les caméras, étaient elles (fort malheureusement) défectueuses et les gardiens se seraient endormis laissant donc monsieur Epstein trois heures sans surveillance. Ajoutons à cela le fait que, courant juillet, le milliardaire avait déjà tenté un suicide dans sa cellule. Cela représente tout de même beaucoup d’éléments remettant en cause ce « suicide ». Il ne faut pas oublier que sa mort arrange pas mal de personnalités influentes.

Ce suicide (grotesquement déguisé ?) est une atteinte aux victimes, qui, elles, n’obtiendront jamais gain de cause.

Apolline

(image libre de droit sur flickr.com)

Sur les traces de « Petit pays »

Petit Pays est un livre dont on a beaucoup entendu parler lors de sa sortie, en 2016. Après avoir gagné le prix du roman FNAC, le prix du premier roman, le prix des étudiants France culture- télérama, le prix Goncourt des lycéens et d’autres encore, tout cela l’année de sa sortie, j’ai envie de dire que son succès est évident ! Je vais vous expliquer pourquoi ce succès est mérité.

Petit pays, c’est Gaël FAYE qui nous raconte l’enfance de Gabriel (Gaby), au Burundi, en Afrique. Alors non, ce n’est pas complètement une autobiographie, même s’il s’est grandement inspiré de sa vie. Une vie bouleversée, par un bonheur disparu trop vite …

Au début du roman, tout va bien pour Gaby, il vit sous le soleil, pieds nus, dans la terre rouge de ce « petit pays ». Lui et ses amis volent des mangues et des raisins chez la vieille Grecque, puis ils vont sur le terrain vague, dans leur Volkswagen dont il ne reste que l’ossature. Ils consomment leur gibier en écoutant les jumeaux raconter leurs aventures… Ils sont heureux…

Ce livre aurait-il eu un tel impact si l’histoire était restée telle que je viens de la décrire ? Si Gaby et sa bande d’amis étaient restés heureux ? Il n’y aurait peut-être pas eu ce livre si des clans ne s’étaient pas formés, si les noms de Hutu et Tutsi n’avaient jamais été prononcés.

On ne le saura jamais. Parce qu’on ne peut refaire l’Histoire.

Gaby vécut l’annonce de la guerre civile au Burundi en 1993. Et il ne savait pas, à l’époque que cela allait autant impacter sa vie. Que ce qui allait suivre cette annonce le changerait, à tout jamais.

Gaël FAYE, raconte cette histoire en essayant de se rattacher le plus possible à son état d’esprit d’enfant. Son imagination, son regard du monde, des gens, le cheminement de ses pensées… Toute cette vison change radicalement en grandissant. Il a réussi à garder une forme de naïveté, d’innocence dans son rapport aux événements, que j’ai trouvé assez magique.

Gaby nous transmet une forme d’optimisme, inconsciemment, juste en nous racontant comment il perçoit les événements de l’Histoire.

Gabriel ne voulait pas prendre parti, ni politique, ni idéologique. Il vivait son enfance et ne souhaitait rien de particulier, à part récupérer son vélo volé et passer des après midi entiers à manger des mangues sur les ossements de la Volkswagen, mais le fil des événements en a décidé autrement…

Personnellement, j’ai été très touchée par ce petit livre jaune qui pourrait paraître assez anodin au premier abord. Mais qui au final est chargé de beauté, de tendresse et de drôlerie mais aussi porteur de violence et de tristesse…

Emeline (dessin de Marie)

Gaël Faye est un réfugié politique, il fuit le Burundi, son pays natal, en 1995 à l’age de 13 ans. Il publie son première album de rap en 2013 : « pili pili sur un croissant au beurre ». Dans cet album, on peut retrouver le titre « petit pays », il se sert de sa musique pour raconter son histoire…

Il décide de publier son livre en 2016. Aujourd’hui, il est retourné vivre en Afrique, au Rwanda avec sa famille.

(image libre de droit sur flickr.com)